Dernières chroniques :

30.11.09

Le dessous de la pile...

Inspirée par Gemini qui a publié récemment la liste de ses 10 animes fondateurs, j'ai eu envie de me pencher sur le passé et de réaliser également la liste des œuvres fondatrices de ma passion, mais au sujet de la bande dessinée Franco-Belge.

Voici donc, à peu près dans l'ordre chronologique, les dix œuvres qui ont marqué et influencé mon parcours d'amoureuse de la BD.


Tintin :
Bon je sais ce n'est pas très original comme premier titre. Mais je suis un peu obligée de le citer car j'ai appris à lire avec le reporter à la houppette. Alors forcément avec le recul il y a pas mal de trucs qui ont bien vieillis et d'autres que je ne vois plus de la même façon avec un regard adulte. Mais il faut avouer que c'est quand même super culte, très intelligent et novateur pour son époque. Et puis j'ai déjà dit tout le bien que je pensais de Tintin ici.

Si je ne devais retenir qu'un seul album ce serait "Les bijoux de la Castafiore". J'en aime beaucoup d'autres comme "Les cigares du pharaon" ou "Le Lotus Bleu". Mais "Les bijoux…" a une particularité qui le rend unique : c'est le seul album à se passer intégralement à Moulinsart. Son scénario sur fond d'enquête policière rappelle les romans d'Agatha Christie dont j'ai toujours été passionnée. Puis il y a la fameuse marche, la relation Capitaine Haddock/Castafiore, le perroquet et le "Supercolor-Tryphonar" cette télévision couleur inventée par ce bon vieux Tournesol et ses images à vous rendre épileptique.


Gaston :
Le deuxième perso à m'avoir appris à déchiffrer des mots… M'enfin ! incontournable Gaston ! C'est bien simple, je les ai tellement lus que je connais chaque gag par cœur et qu'ils sont pour moi devenus des références dans la vie de tous les jours. Quand je vois un panneau de stationnement interdit je vois une sucette géante et chaque matin je me dis que la première gaffe c'est de se lever…

Puis j'adore l'idée qu'a eu Franquin de le faire travailler à la rédaction du journal de Spirou. Sorte de mise en abyme vraiment sympa qui a depuis été pas mal réexploitée dans de nombreuses séries. Pauvres lecteurs du journal qui attendent toujours qu'on réponde à leur courrier ! ;o)


Les Tuniques Bleues :
Mon amour inconditionnel pour Gaston m'a donc naturellement amenée vers le journal de Spirou et j'ai donc lu énormément de productions des éditions Dupuis. A ce jour, la série qui m'a le plus marqué reste Les Tuniques Bleues. Et pourtant je n'ai jamais trop aimé les histoires de guerre ni les western.
Mais voir Blutch et Chesterfield s'engueuler et Arabesque feindre la mort au moment où Stark crie "Chargez" a longtemps été un de mes passe-temps favoris. Mention spéciale à l'album "Blue Retro" qui revient sur la façon dont nos bleus se sont engagés.



Balade au bout du monde (1er cycle) :
En fouillant dans la bibliothèque d'une grande cousine, je découvre cet album au titre attirant. Les dessins ne sont pas très engageants (je n'ai alors jamais lu autre chose que de la BD "gros nez") mais je me laisse embarquer dans cette histoire dans laquelle il n'est nul besoin d'attendre longtemps avant d'être littéralement transporté. Cette prison m'a complètement envoûtée.

Les deux premiers tomes sont d'une originalité incroyable et définitivement inscrits au panthéon de la BD. J'en ressors grandie d'une nouvelle expérience. Je commence à partir de cette lecture à m'intéresser à la bande dessinée "plus adulte", aux dessins plus réalistes. Un tournant dans le cheminement de mes découvertes.


Thorgal :
J'ai acheté "Au-delà des ombres" dans un supermarché en vacances. Je ne connaissais pas du tout Thorgal et il n'y avait pas grand choix dans le magasin. Attirée par la couverture c'est vers ce tome que je me suis tournée. Quelle claque ! Après avoir lu plusieurs fois l'intégralité de la série, c'est encore aujourd'hui un de mes tomes préférés (avec "l'enfant des étoiles").

Cet album nous emmène dans les premiers âges de la terre, le néant du monde, le jardin d'Asgard, la gardienne des clés, les fils du destin et le monde du dessous. Un univers fantastique, avec des concepts poétiques, merveilleux, intelligents. Je ne pouvais pas tomber mieux pour un tome de découverte.


Le grand pouvoir du Chninkel :
Ouvrage des mêmes auteurs que Thorgal (Rosinski et Van Hamme), il était donc logique que je me procure "Le grand pouvoir du Chninkel" après avoir tant aimé les aventures de l'orphelin Viking. Et là, nouvelle claque. Double claque même. A l'époque je n'avais pas encore l'habitude de lire des BD en noir et blanc et le format (un seul tome) avec sa couverture souple m'a tout de suite attirée.

Mais que dire de cette histoire ? Je n'en dévoilerai pas trop ici, car je pense bien un jour faire un article spécial consacré à ce monument. C'est bien simple, peut être que si je ne pouvais emmener qu'une seule BD sur une île déserte ce serait celle là. Le twist final ne cesse de me bouleverser à chaque relecture. Le meilleur de ce que peut être la fantasy.


La trilogie Nikopol :
Il y a des découvertes qui marquent encore plus que d'autres. Un peu parce que quand on les fait, on a l'impression d'une certaine évidence, d'être passé à côté d'un truc énorme pendant longtemps et de tout d'un coup en prendre conscience. C'est l'effet que m'a fait la découverte de Bilal au travers de sa célèbre trilogie.

Alors bien sûr il y a ce scénario complexe, sophistiqué, original, ambitieux… Ce Paris futuriste et crade, la pyramide qui flotte au-dessus et Horus qui pète un plomb. Bilal est connu pour ses histoires fouillées, avec beaucoup de voix off et de réflexions politiques. Mais il est surtout connu pour ses dessins. Certains disent qu'il ferait mieux de faire de la peinture plutôt que de persévérer dans la BD. Moi j'y vois au contraire une façon de rendre accessible l'art graphique au plus grand nombre. Parce qu'il est plus facile de se procurer une BD que de se rendre dans un musée. Regarder Enki Bilal dessiner est une des choses les plus belles que j'ai pu voir dans le monde du graphisme.


Peter Pan :
J'ai déjà dit beaucoup sur mon affection pour le Peter Pan de Loisel dans l'article que je lui ai consacré. Je ne me souviens plus exactement dans quelle circonstance j'ai découvert cette série. Je crois qu'il m'a suffi d'en lire le titre pour être instantanément attirée. Une envie irrésistible d'en savoir plus sur ce personnage si complexe et intrigant qui ne veut pas grandir et dont chacun des grands enfants que nous sommes se sent forcément un peu proche.

Depuis la BD est devenue culte et quand je pense à la fée Clochette ce n'est plus celle de Disney qui m'apparaît, mais bien la coquette et capricieuse petite fée de Loisel.


Berceuse Assassine :
J'ai découvert Berceuse Assassine en pré-publication dans le magazine BoDoï. J'ai très rapidement été accro, vite il fallait que sortent ces albums ! Le côté noir du polar, l'originalité de la coloration et les superbes dessins de Ralph Meyer, le concept de la trilogie, l'ambiance incroyable qui s'en dégage : ce fût un coup-de-foudre. Une des BD les plus intelligemment construite que je connaisse.

J'étais déjà familière des productions de Tome (Spirou et Fantasio, Le petit Spirou, Soda) et même si certains de ses Spirou sont exceptionnels (La vallée des Bannis, Spirou à New-York, Spirou à Moscou…) Berceuse Assassine est pour moi son chef d'œuvre. A lire et à relire pour en saisir toutes les subtilités…


Les Bidochon :
J'ai longtemps lu le magazine Fluide Glacial. Et même si j'adore nombreux des auteurs qui y ont été publiés à l'époque, Binet reste celui qui m'a le plus fait rire avec "les propos irresponsables", mais surtout avec les Bidochon. Robert et Raymonde sont la version beauf de Martine en quelque sorte. Il y a les Bidochon à la mer, les Bidochon en HLM, les Bidochon font construire leur maison…

On retrouve dans ces albums des critiques acides de la société française, parfois assez caricaturées, souvent très réalistes, mais toujours bon enfant. Quand on se moque d'eux quelque part c'est un peu de nous-même que nous rions. Au fil des tomes Binet égratigne beaucoup de monde : l'administration, les agents immobiliers, les voisins, les vacances organisées, la tv, les belles-mères…et même dernièrement l'internet.


Voilà, ce n'est pas forcément un best of car j'aime évidemment beaucoup d'autres œuvres. Mais ces découvertes à certains moments de ma vie ont vraiment contribué à créer la base de mes goûts actuels.

Le dessous de la pile en quelque sorte...

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29.11.09

La main verte - Hervé Bourhis

Et voilà. Ce qui devait arriver, arriva. Cela fait maintenant un moment que l'on nous met en garde sur la pénurie de pétrole à venir. Mais personne n'y a fait attention. Tout le monde s'est dit que cela n'arriverait que dans très longtemps, les gens ne se sentaient pas concernés…

On y est. Il n'y a plus de pétrole et donc plus d'essence. Au départ Herbert prend la situation à la légère. C'est vrai qu'à force d'entendre des discours alarmistes dans les médias, le jour ou cela arrive on a l'impression d'entendre la même rengaine encore et toujours. Et puis, il a un tempérament plutôt tranquille. Il se lève à l'heure qu'il veut et vit de son art : il est auteur de bandes dessinées.

Sauf que là c'est du sérieux. Herbert met un peu de temps à le comprendre. Mais quand son éditeur lui explique qu'il met la clé sous la porte et quand sa femme entame le sol de la terrasse à coup de pioche pour en faire un potager il commence à se dire qu'il faudrait peut-être réagir…

Dans ce récit aux propos écologiques, Hervé Bourhis nous invite à réfléchir sur certaines des conséquences que pourrait avoir la disparition du pétrole dans notre vie de tous les jours. Son scénario est ancré dans notre temps et quelques allusions à la politique actuelle rendent l'histoire encore plus réaliste.

Devant un retour forcé à une vie plus autonome, on comprend très rapidement que les plus débrouillards seront les mieux lotis. Avoir la main verte fait partie de ces nets avantages. Herbert regrette bien de ne pas avoir écouté les conseils en jardinage de son père.

Alors, quand l'occasion se présente, il embarque son fils dans un long périple parsemé de découvertes et d'imprévus, afin de tenter de réparer ses lacunes. Son voyage sera l'objet de passages drôles et de rencontres avec des personnalités atypiques.

Le dessin de Hervé Bourhis est simple et efficace et sert parfaitement son sujet. Des pages de jeux sont imbriquées dans le récit et ajoute une note humoristique bienvenue. Doté d'une base solide et cohérente, cet album pourrait même se voir allongé d'une suite, tellement l'exploitation du concept et les sujets possibles sont nombreux.

Un retour aux choses simples et à la nature. Un album agréable et frais qui invite à la prise de conscience tout en évitant les discours moralisateurs.




Scénario & Dessins : Hervé Bourhis - Editeur : Futuropolis - One shot.


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27.11.09

Il était une fois une fille que j'ai rencontré deux fois - Davy Mourier

Je me suis enfin procuré la première BD de Davy Mourier (héhé, ça rime ^^).

Alors pour les "non-geeks" qui me lisent, qui est Davy Mourier ? Et bien c'est un auteur, mais aussi le présentateur de Roadstrip l'émission qui parle de BD sur la chaine Nolife (je vous conseille particulièrement l'émission avec Larcenet, tout simplement géniale), il est aussi un des acteurs et créateurs de la série Nerdz, et également un énergumène qui s'amuse à faire pas mal de conneries sur son blog perso.

Dans "Il était une fois une fille que j'ai rencontré deux fois", Davy nous raconte ses rencontres avec une demoiselle. Comme vous pouvez vous en douter, la première fois est online et la deuxième IRL comme on dit. C'est surtout de cette deuxième fois dont il s'agit ici.

Pour ceux qui en ont déjà fait l'expérience, rencontrer "en vrai" une personne côtoyée sur le net est une chose assez spéciale. Pour franchir le pas, il faut déjà avoir une envie commune, qui résulte en général de nombreuses heures de discussion (sur des forums ou plus souvent des chats). Mais la rencontre réelle est une autre histoire. Car même si l'on connait l'autre de manière intellectuelle dirons-nous (ses goûts, ses défauts avoués, ses phobies etc…) l'appréhension de se rencontrer de manière concrète est bien là.

Que pouvons-nous bien raconter à une personne à qui nous avons déjà tant dévoilé sous le couvert de l'anonymat que procure internet ? Et bien c'est cela que nous raconte Davy dans cette histoire tout à fait autobiographique.

Sans fausse pudeur et même avec une sincérité tout à fait touchante, il dévoile sa rencontre avec cette jeune fille pour laquelle il va très vite éprouver bien plus qu'une simple amitié… Et c'est forcément là que les choses se compliquent.. Parce que quand on est un geek, en général les filles ce n'est pas le domaine dans lequel on se débrouille le mieux. En plus le monsieur a un tempérament anxieux qui n'arrange rien.

Davy possède un style graphique très personnel, bourré de petites allusions à ses passions (entre autres les super-héros représentés ici sur ses t-shirts). Les décors de ses cases ne sont ni plus ni moins que de vraies photos, retouchées et passées en monochromie dans un rouge qui apparemment lui est cher (il suffit d'aller faire un tour sur son blog ou de regarder le générique de Roadstrip pour s'en persuader).

Quand on retourne la BD, on s'aperçoit qu'elle en cache une deuxième montée à l'envers ! Ce deuxième récit, plus court que le premier, nous raconte sur fond cartonné les aventures de Davy et de ses parents, en particulier son père, lors d'examens médicaux plutôt angoissants. C'est sincère, drôle, profond et touchant, un peu comme tout ce qu'a l'habitude de faire cet auteur, qui n'hésite pas a exposer sa vie, sur n'importe quel médium que ce soit.

Deux très bonnes premières BD, dans deux styles graphiques plutôt intéressants, entièrement numériques. Un auteur qui possède son monde à lui et qui ici nous en fait partager une petite partie. Le moins que l'on puisse dire est que c'est plutôt réussi.




Scénario & Dessins : Davy Mourier - Editeur : Adalie.



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25.11.09

Hunter Killer - Waid/Silvestri/Rocafort

Sale journée pour Ellis. Ses parents lui révèlent brutalement qu'ils sont des ultra-sapiens, juste avant de se faire tuer devant ses yeux par une équipe de hunter killer.

Il découvre ses propres pouvoirs mimétiques alors qu'il s'est fait enrôler de force par les chasseurs et apprend que nombre de choses que lui ont appris ses géniteurs n'étaient que des mensonges.

Pour couronner le tout, il serait également l'ultra-sapiens le plus important de tous, détenant dans ses gènes le catalogue regroupant tous ses semblables. On peut difficilement passer journée plus pourrie.

Des humains génétiquement modifiés et aux pouvoirs variés, forcément la comparaison avec X-Men est inévitable. Mais Mark Waid arrive a poser des bases suffisamment originales et rythmées pour que l'on s'attache à son histoire. Les missions de Ellis et Sam dans le tome deux sont particulièrement bien construites et marquantes, avec la rencontre d'ultra-sapiens aux pouvoir impressionnants et insolites.

A de nombreuses occasions la narration est construite de manière ingénieuse et riche en rebondissements. Le récit est parsemé de théories de complot, quelques uchronies et des enjeux politiques mondiaux et on se demande constamment qui est bon et qui est mauvais. L'intrigue principale tourne beaucoup autour de ce concept : les théories conspirationnistes sont elles mises en place pour nous préserver ou pour nous nuire ?

Les dessins de Marc Silvestri sont sublimes. La mission en Afrique du tome deux ainsi que celle avec le shérif dans sa petite bourgade sont des exemples remarquables de l'utilisation intelligente des décors dans un récit. La façon dont le dessinateur arrive à faire régner dans certaines cases des ambiances apocalyptiques est tout simplement bluffante. Ses personnages quant à eux sont beaux et fin, extrêmement charismatiques.

Si bien que le changement de dessinateur au profit de Kenneth Rocafort lors du tome trois déçoit. Non pas que ce dernier soit manchot, bien au contraire, mais passer derrière l'efficacité de Silvestri n'est pas chose facile. Bien que très bon également, j'ai trouvé ces dessins un peu en dessous de ceux des premiers volumes. Mais rien de dramatique non plus.

Les premiers épisodes constituant une partie du premier tome ont tout d'abord été publiés dans Top comics en kiosque. Ces trois tomes version librairie posent les bases de cet univers et des forces qui le régissent. Si l'histoire s'était arrêtée là, on aurait été en droit de se dire que cela avait un goût de trop peu. Mais normalement Hunter Killer devrait connaitre une suite.

Si le scénario reste de cette qualité avec ces missions originales et impressionnantes et avec pour toile de fond le fil conducteur instauré ici, gageons que cela donnera une suite de grande qualité. Reste à savoir quand verra-t-elle le jour par chez nous, la suite sortant apparemment en février aux US.




Scénario : Mark Waid - Dessins : Marc Silvestri/Kenneth Rocafort
Editeur : Delcourt - Collection Contrebande - Série en cours – 3 tomes.



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Cover Browser : LA base de donnée de couv'


Pour les collectionneurs de comics et les amateurs de ces superbes illustrations ornant certaines couvertures, rendez-vous sur coverbrowser.com et retrouvez vos héros préférés !

Cette énorme base de donnée regroupe les couvertures de comics de super-héros classées par ordre alaphabétique, mais aussi du Disney, Looney Toons, Pulp, manga

Un lien à mettre directement en favoris !




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23.11.09

L'immeuble d'en face - Vanyda

Dans un immeuble Lillois divisé en trois appartements, nous suivons la vie des personnes qui vivent à chacun de ses étages. Au premier habite une femme enceinte mère célibataire et son petit garçon de quatre ans. Au second c'est un couple, la quarantaine bien passée et leur dogue allemand. Tout en haut du bâtiment loge un autre couple, la vingtaine.

Après un début auquel il faut laisser le temps de s'installer, une fois que nous avons fait un peu plus ample connaissance avec les personnages, nous pénétrons dans leurs instants de vie, banales ou touchants, mais tellement réalistes.

On remarque au travers d'une foule de petits détails le travail d'observation des relations humaines et des comportements que doit réaliser Vanyda (Celle que..., L'année du dragon) au quotidien.

Car c'est de cela qu'il s'agit, de la vie, la vraie, composée de pleins de petits moments simples, dont il faut apprendre à savoir profiter. Une scène d'épilation, la promenade matinale du chien, un dialogue dans le bus, des moments intimes de couple, l'heure du thé…

Certains instants sont tellement bien retranscris, qu'une seule case suffit à exprimer pleins de choses et à rendre la scène familière.

Et quand les regards finissent par se croiser, les langues par se délier, ses voisins entretiennent des relations, ils s'entraident et finissent par ne plus êtres ces simples inconnus que l'on croise dans l'escalier de l'immeuble.

Le premier de ces deux gros pavés en noir et blanc, tramés dans un style apparenté au manga, a tout d'abord été publié dans un fanzine (d'où les nombreux petits chapitres). Une première production tellement convaincante, qu'elle ne laisse pas un seul instant douter du talent de son auteur.

Vanyda se permet même de réaliser certaines planches à la mise en case originale, avec des découpages en longueur, en hauteur ou parfois même en pleine page. Difficilement explicable, mais sacrément efficace.

Comme de nombreux auteurs de BD maintenant, Vanyda possède un blog, que vous pouvez visiter à cette adresse.




Scénario & Dessins : Vanyda - Editeur : La boîte à bulles - Collection Contre-Jour - 2 tomes.


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22.11.09

Cita'BD #1


Ce premier Cita'BD ne comportera pas de citation. Vous allez me dire, mais alors quel intérêt ? Et bien en fait, je voulais comme première citation, la numéro un, celle qui inaugure, citer une œuvre forte et marquante

Je me suis alors tout naturellement tournée vers ma bibliothèque et en ai sorti "Le combat ordinaire" de Manu Larcenet.

Seulement voilà, il y a tellement de profondeur, de réflexions, de vérités et de sensibilités dans ces albums que j'ai été au final bien incapable de trouver quelques mots à en tirer pour vous les citer comme ça, sortis de leur contexte.

Ou alors il m'aurait fallu recopier des pages entières et je n'y tiens pas. Autant vous conseiller de vous procurer ces livres et découvrir par vous-même.

Alors voilà, premier Cita'BD raté… Mais pas vraiment en fait : le but de cette rubrique est aussi de rendre hommage aux auteurs…

C'est donc chose faite...


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21.11.09

Au-delà des bulles...


Je me suis récemment demandé ce que j'aimais tant dans la lecture. Et en particulier dans la lecture de bandes dessinées. Comme vous pouvez un peu vous en douter en lisant ce blog, je consacre une bonne partie de mon temps à cette passion insatiable et cela depuis toujours.

Je parcourais des BD avant de savoir les déchiffrer. J'ai appris à lire avec les bandes dessinées. Je suis boulimique, je veux découvrir encore et toujours plus, et comme cela ne me suffit pas, je partage le plus possible.

Mais pourquoi ce besoin si pressant de me plonger dans les cases et les bulles ?

En premier lieu, je pense que cela vient d'un besoin d'évasion. Non pas une fuite, mais plutôt de beaux voyages, de belles rencontres, des expériences. Certains parleront peut-être de procuration. Moi j'y vois une fenêtre ouverte vers des horizons qui pour certains me seraient inaccessibles, vers des gens qui ont tant à partager et aussi une expression artistique sans borne.

Car malgré le fait que l'on dénigre encore trop souvent les textes dans la BD, certains transportent ou éblouissent, d'autres émeuvent, font rire ou réfléchir. Et c'est là pour moi tout leur intérêt. Le format n'a pas d'importance.

Puis il y a le dessin. J'ai toujours été attirée par les images qu'elles soient en photo, peinture, dessin ou même vidéo. Mais l'illustration est un des arts qui m'impressionne le plus. Le coup de crayon. Cette faculté qu'ont certaines personnes à créer des traits si parfaits, si justes.

Quand je partage mes lectures, j'essaye toujours de le faire avec le plus de recul possible. Par respect pour les auteurs et pour les lecteurs aussi. Alors bien sûr je suis très rarement objective, vu que je partage principalement ce que j'ai aimé. Mais en tout cas je suis sincère et j'espère rendre hommage comme il se doit à ses artistes qui me procurent tant d'émotions.

Merci à eux, d'avoir le courage d'exercer leur passion jusqu'au bout et d'être si généreux dans l'expression de leur art. Et même si c'est le neuvième, pour moi c'est loin d'être le dernier.

C'est dans l'art que l'être humain révèle ses plus grandes qualités…



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20.11.09

Black Butler - Yana Toboso

Très bonne surprise que ce nouveau manga paru chez Kana, après La Cité Saturne dont le premier tome est également sorti ce mois-ci, l'éditeur nous gâte en nouvelles séries de qualité.

J'avais lu beaucoup de bien de Black Butler un peu partout, mais je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. En fait je ne savais même pas de quoi cela parlait réellement… J'ai franchi le pas et je dois avouer que je ne suis pas déçue du tout !


Ce premier tome est très bien construit. Constitué de quatre chapitres, il nous sert d'introduction à un univers que l'on imagine déjà riche et détonant.

Les personnages sont charismatiques, beaux, drôles, énigmatiques… Je sais que cela fait beaucoup de superlatifs mais j'ai vraiment accroché tout de suite à cette ambiance et j'ai hâte de découvrir comment la série va s'orienter par la suite.

Pour vous en dire le strict minimum sur l'histoire, sachez simplement qu'il s'agit de Ciel Phantomhive, un jeune garçon à la tête d'une énorme entreprise de jouets, qui vît en Angleterre avec Sebastian son majordome et le reste du personnel chargé de s'occuper son immense manoir.

Évidement cela serait très réducteur de croire que l'histoire s'arrête à ce court synopsis. Mais autant que vous découvriez par vous-même de quoi il retourne, afin de ne rien vous gâcher du découpage scénaristique de ce premier tome.

D'un début léger et drôle on avance petit-à-petit vers plus d'action et de rebondissements, jusqu'à se rendre compte que nos deux personnages principaux ont une relation assez particulière…

Les dessins de Yana Toboso sont très fins et détaillés. Les personnages masculins sont très beaux (oserais-je dire que c'est un des éléments qui a déterminé mon achat ? ^^) et les visages caricaturés accentuent les passages comiques. Les décors (quand ils sont présents) du manoir et de l'Angleterre sont également très fouillés et respectueux du style Victorien décrit ici (l'auteur explique d'ailleurs s'être énormément documentée sur le pays dans les "bonus" de fin).

Pour résumer j'avoue avoir été séduite par ce premier tome et suis bien impatiente d'avoir la date de parution du second que j'attends de pied ferme !

Chroniques des autres tomes.


Scénario & Dessins : Yana Toboso - Editeur : Kana
Collection Dark Kana - Série en cours – 1 tome.
KUROSHITSUJI © 2007 Yana Toboso / SQUARE ENIX CO., LTD.

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19.11.09

Le dessus de la pile - nov 09 - #1


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18.11.09

Info Blog #2

Le temps passe à une vitesse hallucinante et les choses bougent, des rencontres se font et petit à petit le blog évolue.

Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire, bien que vous soyez pour la plupart silencieux (mais beaucoup commentent aussi par mail et par twitter) et le nombre d'abonnés au flux et à la newsletter augmente tranquillement. Pensez d'ailleurs à vous abonner si ce n'est déjà fait ^^

> Nouvelles rubriques :

Deux nouvelles rubriques vont faire leur apparition dans les jours à venir : "Le dessus de la pile" et "Cita'BD" :

Le dessus de la pile : Ma pile de lecture ne cesse de croitre malgré mon rythme de lecture plutôt soutenu, mais parfois je fais (re)passer au-dessus quelques titres au gré de mes envies et/ou des arrivages. Je vous ferai donc de temps en temps un aperçu de ce qui s'y passe, tout ne sera pas forcément chroniqué, mais peut-être que vous me donnerez envie de lire un titre avant un autre en me donnant votre avis !

Cita'BD : Ce n'est pas parce qu'on est auteur de bandes dessinées que l'on n'écrit pas parfois des proses dignes de la plus grande littérature ! Drôles, philosophiques, touchantes, originales, vous retrouverez dans la rubrique "Cita'BD" quelques citations tirées directement de mes lectures qui m'ont marqué pour une raison ou une autre.

> Twitter :

ça bouge également sur twitter, vous êtes à ce jour plus de 250 followers (c'est peut-être peu pour certains mais pour moi c'est déjà beaucoup, il faut dire aussi que je refuse tous les spammeurs...).

L'arrivée de l'option liste à permis de regrouper les passionnés afin de mieux se retrouver et communiquer. Si vous le désirez vous pouvez rejoindre la liste des "bédéphiles" (bientôt une centaine de compte), il suffit juste de la follow et je vous y ajouterai automatiquement.

Une seconde liste a été créée, elle regroupe les éditeurs ayant un compte twitter, pratique pour avoir des nouvelles bien fraiches. (si vous n'y figurez pas, envoyez-moi un DM)

> Partenariats :

J'en ai déjà reçu quelques-unes et en attend encore, si vous avez des propositions de partenariat à me faire (du moment que cela reste dans le contexte de la BD) vous pouvez me contacter directement par mail : ginieweb at gmail.com


Bonne lecture à tous,

CYA !

Ginie


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...à a folie - Ricard/James

Leur rencontre au lycée était comme celle de beaucoup de couple. Elle, amoureuse de lui, l'épiait en secret, rêvant qu'un jour il la remarquerait et viendrait l'aborder. Lui enchaînait les conquêtes faciles, ces filles d'une nuit, mais se disait qu'il lui en faudrait une plus sérieuse pour construire sa vie.

Puis ils se sont enfin croisés, au cours d'une soirée. Il avait trop bu, elle a réussi sa tentative d'approche, et cela a fini par un fougueux baiser, entre le lavabo et la cuvette des WC. Ils se sont revus, ils se sont appréciés et ont décidé de se marier.

Les trois petits points situés avant le "à la folie" nous indiquent subtilement les étapes qui ont été franchies et que le point de non retour est proche. D'ailleurs la couverture nous donne le ton si l'on s'y attarde : lui, chemise ouverte, sûr de lui et elle en train de se recoiffer avec le chemisier entrouvert…

Voilà notre jeune couple, assis sur le divan, un peu comme si nous étions le psychanalyste qui allait écouter leurs confessions intimes. Ils se dévoilent chacun leur tour, et nous découvrons leurs points de vue respectifs.

Elle raconte d'une façon presque touchante, l'organisation de sa journée en fonction de son emploi du temps à lui. Elle prépare son petit déjeuner, veille à ce que l'appartement soit bien rangé, le diner prêt à l'heure et qu'il ne manque de rien. Lui, apporte l'eau au moulin comme on dit, il travaille durement et quand il rentre il n'est pas toujours de la meilleure humeur qui soit, mais sa femme fait avec, elle est si soumise et dévouée...

Jusqu'au jour où, ce à quoi on ne s'attend guère arrive pour la première fois. La dispute, la gifle, les excuses qui suivent instantanément et la promesse que cela ne se reproduira plus...

Rapidement la femme vient à se plaindre des violences conjugales qu'elle endure. Le discours que lui tient sa mère à ce sujet est édifiant, un discours "vieille école", du genre "tu as trouvé un mari ma fille, il faut maintenant le garder coute que coute, d'ailleurs as-tu pensé à lui faire une petite gâterie de temps en temps pour lui faire plaisir ?"

Ce sont deux messieurs qui sont les auteurs de cette bande dessinée. Et l'on est presque étonné de la subtilité avec laquelle ils ont cerné le point de vue féminin de ce type de situations, tant les témoignages sont réalistes. Certains détails sont sordides, mais tous amènent au même constat. La souffrance qu'endure cette femme est intolérable et sa soumission l'est encore plus.

Sylvain Ricard ne passe pas par quatre chemins pour entrer dans le vif d'un sujet qui fait mal, mais dont il est nécessaire de parler, tant il est encore et toujours d'actualité. Le fait de le traiter en passant par les deux témoignages est vraiment bien pensé, cela permet de voir les avis sous différents angles et d'élargir les points de vue.

Le trait de James est précis et efficace et ses teintes sépias illustrent parfaitement ce récit douloureux et intimiste. L'utilisation de personnages sous forme animalière aide à faire passer la dureté des propos.

Quand la vie de monsieur-tout-le-monde cache des secrets inavouables, cela donne une œuvre forte et courageuse, qui a le mérite de faire réfléchir et de dénoncer.




Scénario : Sylvain Ricard - Dessins : James - Editeur : Futuropolis - One shot.

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16.11.09

La cité Saturne - Hisae Iwaoka

La terre est devenue une zone protégée. Alors les hommes se sont fabriqués et installés dans un anneau qui en fait le tour, à 35 000 mètres d'altitude.

Mitsu est laveur de carreaux, comme l'était son père. Ce dernier a disparu alors qu'il travaillait à l'extérieur de l'anneau en lavant les fenêtres. Mitsu essayes de se convaincre qu'il n'est pas mort, qu'il a simplement rejoint la terre à laquelle il rêvait tant. Dans l'espoir de parcourir le même chemin que son paternel, mais aussi de peut-être le retrouver, Mitsu s'est engagé dans ce dangereux métier.

Mais cela n'a pas que des désavantages. L'exposition aux rayons du soleil est bien meilleure pour la santé que les lumières artificielles des sous sols. Car l'anneau est divisé en trois parties. Tout en bas vivent les personnes aux revenus modestes, au milieu, sous un ciel semi artificiel, on trouve les entreprises et administrations, les gens les plus aisées sont au dernier et plus haut des étages sous un vaste ciel ouvert.

Paradoxalement, les personnes aux revenus modérés qui ont les moyens de faire nettoyer leurs vitres sont ceux qui bénéficieront de la plus belle vue puisque leur position dans l'anneau leur permet de voir aussi bien la terre que le ciel.

Son métier permet aussi à Mitsu de faire de nombreuses rencontres. Tous ces carreaux qu'il nettoie sont autant de vies et de gens différents à croiser…

Dès la couverture on est happé dans cet univers poétique et singulier. L'illustration de Mitsu la tête en bas, tenant notre planète dans sa main et le court texte du verso qui nous décrit succinctement l'histoire mettent directement en appétit. L'édition de Kana et le joli papier légèrement gaufré utilisé pour la jaquette renforcent cet effet attirant.

A l'instar du magnifique Planètes, Hisae Iwaoka nous raconte des tranches de vie sur fond de science-fiction. Mais ici l'horizon de nos personnages est autant terrestre qu'étoilé. Pas de voyages spatiaux, juste une vie un peu atypique dans cet anneau flottant autour de la planète bleue.

Le petit Mitsu, personnage tout rond et très attachant, voyage entre les niveaux de l'anneau et y côtoie de nombreuses personnalités. Les décors plutôt détaillés nous immergent dans les différents étages et même à l'extérieur du complexe résidentiel.

Dans ce premier tome nous suivons Mitsu tout au long de plusieurs petites histoires et anecdotes au fil de ses rencontres. La plupart sont touchantes, amusantes ou originales. La série est en cours au Japon et je ne sais pas si par la suite nous aurons un récit plus construit avec une trame principale ou si nous continuerons à suivre des successions de petites tranches de vie.

Quel que soit le chemin que prendra la narration, nul doute que je la suivrai avec plaisir, tant cette lecture est distrayante et attendrissante. Une œuvre pas comme les autres, une excellente découverte, un premier tome prometteur.


>> Chronique des autres tomes


Scénario & Dessins : Hisae Iwaoka - Editeur : Kana
Collection Big Kana - Série en cours – 1 tome.
DOSEI MANSION by Hisae Iwaoka © 2006 by Hisae Iwaoka / Shogakukan Inc., Tokyo


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14.11.09

Elle(s) - Bastien Vivès

"Elle(s)" est avant tout l'histoire de deux copines, Alice et Charlotte, complices de toujours et à la poursuite de l'amour. Elles ont dix-huit ans, des rêves pleins la tête et elles recherchent l'homme idéal, celui qui est si romantique dans les films.

Mais "Elle(s)" c'est aussi un peu son histoire à lui, Renaud, ce garçon sorti d'on ne sait où, qu'à force de croiser elles ont fini par fréquenter. Lui est plus âgé et voit la vie avec plus de recul et de réalisme.

C'est effectivement une histoire assez classique d'adolescentes que nous raconte Bastien Vivès dans cet album. Son trait à ceci de dynamique, qu'il semble s'animer dans les cases. Les visages sont expressifs, les attitudes très réalistes.

La colorisation est également très efficace et colle parfaitement aux ambiances. Vivès illustre très bien cette période, où majeur ne veut pas dire adulte, où les ambitions de jeunesse se confrontent à la réalité de la vie, où le rêve n'est pas toujours permis.

L'intimité de ses deux copines et leurs petites confidences donnent un ton entrainant à cette histoire. Les personnages sonnent très juste et l'on se surprend assez rapidement à vouloir en savoir plus sur eux.

Parce qu'elles semblent à l'aise dans leurs baskets, mais qu'au final la stabilité leur fait défaut, nos deux héroïnes sont ancrées dans leur époque. Modernes et insouciantes, naïves et entreprenantes.

Heureusement pour elles, les hommes ne sont pas tous les mêmes. Seulement pour trouver son idéal, il faut parfois chercher là où ne s'y attendrait pas.


Si vous souhaitez faire plus ample connaissance avec ce jeune auteur, vous pouvez le retrouver sur son blog.



Scénario & Dessins : Bastien Vivès - Editeur : Casterman - Collection KSTR - One shot.

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12.11.09

Doubt - Yoshiki Tonogai - Tome 2

Deuxième tome de Doubt. Qu'en est-il de la chasse aux lapins ? Le moins que l'on puisse dire est que l'auteur nous balade... Seule la fin déterminera si le chemin en valait la peine, mais pour l'instant il est assez difficile de se faire un avis concret.

De nouvelles pistes s'ouvrent clairement devant nous, peut-être un peu trop simple pour être véridiques. Arrivé à la fin de ce deuxième opus, ce sont deux solutions qui se profilent pour la suite : soit l'auteur continue à nous balader et nous faire faire de fausses idées jusqu'au bout, soit il confirme les soupçons créés dans ce tome et joue ensuite sur l'ambiance et la peur de la confrontation avec le loup.

Pour l'instant la construction est plutôt bien faite, on avance à tâtons dans le noir, à l'image des personnages. Les suspicions sont nombreuses, tout le monde doute de tout le monde et le lecteur avec.

qui dès le départ est le personnage dont on suit les pensées essaye de surmonter ses faiblesses et fait même preuve de pas mal de courage. Cette façon de le suivre l'élimine pratiquement de la liste des suspects, tout comme sa copine Mitsuki qui n'avait normalement rien à faire là.

Mais cela semble justement trop facile, ce ne serait pas la première fois que l'on aurait le droit à un personnage principal schizophrène ou une gentille fille bien moins candide qu'on ne le croit...

Les autres personnages sont encore plus suspects de par leurs agissements plus ou moins étranges et je n'épargne même pas les morts, quelquefois que le sang serait du ketchup ;o)


La suite le 11 Fevrier 2010 si tout va bien.


> Chroniques des autres tomes


Scénario & Dessins : Yoshiki Tonogai - Editeur : Ki-oon - Série en cours – 2 tome.
© Yoshiki Tonogai / SQUARE ENIX


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11.11.09

Le retour à la terre - Ferri/Larcenet

Manu et Mariette ont décidé de déménager à la campagne afin de profiter de son air frais, sa nature et ses petits oiseaux. Le portrait est idyllique, mais quitter la banlieue parisienne et le confort que cela suppose passe par une période d'adaptation.

Après avoir cherché à reconstituer un environnement familier rassurant en installant son ordinateur et sa télé, Manu part à la découverte de ce nouveau monde qui l'intrigue autant qu'il l'effraye. Le patois, l'alcool local, les fermiers, les petits commerçants, la forêt, autant de choses et bien d'autres auxquelles il va falloir s'acclimater.

Dans un style mêlant habilement humour, poésie et philosophie, Jean-Yves Ferri nous raconte les aventures de Manu, dessinateur de BD au tempérament anxieux, dans de courts récits d'une demi-page.

Larcenet de son côté prend apparemment beaucoup de plaisir à dessiner son propre personnage. Les deux auteurs s'amusent même de la mise en abyme dans le quatrième tome. Le Manu de la bande dessinée est-il le vrai Manu de la vraie vie ?

Assez rapidement c'est tout un petit univers qui découle de ces petites histoires. Et même si l'on n'évite pas certaines caricatures de la campagne vue par les citadins, c'est une bonne bouffée d'air frais que procure chaque lecture de ses albums.

Comparé assez souvent au "Combat Ordinaire" du même Larcenet, ce "Retour à la terre" ne présente pas les mêmes attributs. Les deux séries sont de grande qualité, mais là où "Le Combat Ordinaire" invitait à une réflexion plutôt sérieuse et philosophique, "Le Retour à la Terre" possède une vocation plus humoristique, ne serait-ce par le format de ses petites histoires, six cases ingénieusement exploitées, qui servent parfaitement chaque gag.

Le tout s'enchaîne sans aucun temps mort et les transitions découlent tout naturellement au fil des pages et de la vie de notre sympathique personnage et sa petite famille.

Des albums frais et drôles comme on en voudrait plus souvent.




Scénario : Jean-Yves Ferri - Dessins : Manu Larcenet - Editeur : Dargaud
Collection Poisson Pilote - Série en cours – 5 tomes.


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9.11.09

Line - Yua Kotegawa

Une jeune fille trouve par hasard un téléphone portable dans la rue et le ramasse. La sonnerie retenti, elle décroche. A l'autre bout du fil un homme lui annonce la mort prochaine d'une personne en lui indiquant l'heure et l'endroit. A l'heure dite, devant ses yeux, une collégienne se jette du toit de la gare et s'écrase violemment sur le sol.

Ce n'est donc pas une mauvaise blague. L'homme du téléphone lui annonce les suicides qui vont se produire à Tokyo, la jeune fille peut les empêcher si elle arrive à temps sur les lieux. S'engage alors une course poursuite dans les rues de la ville...

Tel est le pitch plutôt prometteur de ce one-shot. Mais qu'en est-il réellement ?

Chiiko, l'héroïne est un peu l'archétype de la blonde dont la poitrine est aussi forte que son Q.I. est bas. Elle est rapidement accompagnée par Bandô, l'intello de sa classe, petite brune à lunette. Les deux jeunes filles vont passer la casi-totalité du récit à courir au rythme des coups de téléphone. Cela créé une lecture plutôt fluide et plaisante.

L'aspect thriller de l'histoire n'est pas trop mal exploité. Il n'en est pas de même pour le traitement des personnages. Si le suspense est présent pour nous tenir tout du long, les principaux intervenants se révèlent au final assez insipides. L'auteur nous fournit pourtant quelques questionnements à leur sujet, mais les abandonne en cours de route. Ce qui laisse une impression d'inachevé.

Le trait de Yua Kotegawa est assez fin, mais on relève quelques soucis de proportions et des postures un peu maladroites en particulier quand les personnages sont dessinés en pleine course. Le découpage est quant à lui suffisamment bien travaillé pour enchainer les actions sans problème de compréhension.

Pour conclure, Line n'est pas du niveau d'un Tetsuya Tsutsui, mais si vous êtes en manque de one-shot vous pouvez passer outre ses petits défaut et le prendre pour ce qu'il est : un divertissement efficace, au scénario intrigant.



Scénario & Dessins : Yua Kotegawa - Editeur : Pika - Collection Senpai - One-shot.
© Yua Kotegawa / Kadokawa Shoten / Pika Edition

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7.11.09

Idées cadeaux : et si vous offriez des BD ?

Noël approche et vous n'avez pas d'idées de cadeaux ? Au fil des années vous avez épuisé vos ressources, les idées ne sont pas très originales, voir inexistantes...

Offrez des Bandes dessinées !

Dans ces propositions, nul besoin que la personne à qui vous voulez faire le présent soit fana de BD. Pour le peu qu'elle aime lire et si vous savez choisir le bon style, ces propositions devraient convenir à un grand nombre de personnes. (je ne rembourse pas en cas de déception, alors choisissez bien ;o))

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Bonne santé - Charles Masson

Hypocondriaques s'abstenir. Et âmes un peu trop sensibles aussi d'ailleurs...ou alors accrochez vous. Oh non, vous ne verrez pas d'hémoglobine, les dessins sont en noir et blanc de toute façon. Ici la dureté est dans les mots, dans les ambiances et dans les non-dits.

Vous imaginez ce que cela doit être d'être interne à l'hôpital et de devoir faire sa tournée le 1er janvier? Souhaiter à tous ces malades que vous savez condamnés une bonne année et une bonne santé ?

Bonne santé... Tant qu'on l'a, on ne se rend pas compte de sa chance. La santé, c'est quand on la perd qu'on comprend le bonheur de l'avoir.

Charles Masson a une double casquette. Il manie le crayon et le bistouri. Cet ORL nous raconte ici sans détours ni fausse pudeur ses anecdotes de médecin. Parfois même presque des confessions.

Le mensonge au patient afin de lui faire garder espoir, ou du moins qu'il profite des jours qu'il lui reste. L'opération qui se passe mal et la responsabilité du chirurgien. L'humour propre au milieu et le bizutage des nouveaux. La carapace qu'il faut se construire pour prendre une distance suffisante face à la souffrance et la mort.

Cela fait parfois froid dans le dos. On n'a limite pas envie de savoir...mais ce n'est pas le voyeurisme qui fait tourner les pages. C'est plutôt cette soudaine inquiétude, que créé ces récits si réalistes. Cela n'arrive pas qu'aux autres. La santé tout comme la vie tient parfois a peu de choses.

Et les médecins sont humains. Avec leurs faiblesses, leurs doutes, leurs défauts. Nous en suivons quelques-uns au fil des courts récits réunis ici.

Plongée dans la réalité d'un métier que l'on ne connait en fait pas si bien. Bonne santé est un récit très poignant et humain. Son dessin est simple, sans détours. Authentique, comme le reste de ce qui compose cet album.

Une lecture qui laisse un goût amer, mais qui a le mérite de dire tout haut ces choses auxquelles on ne peut penser, sans y avoir été confronté.




Scénario & Dessins : Charles Masson - Editeur : Casterman- Collection Écritures.



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5.11.09

Mirai Nikki - Sakae Esuno - tome 4

Sorti hier, voici le quatrième tome de Mirai Nikki. Nous retrouvons Yuki et Yuno dans une aventure sympathique mais un peu tirée par les cheveux. Vous me direz que depuis le début du manga ce ne sont pas les invraisemblances et la folie qui manquent, mais cela donnait toujours un résultat audacieux ou surprenant. Ici je dois avouer que je me suis quelque peu ennuyée.

Comme d'habitude, attention aux risques de spoil si vous lisez la suite...

Nos deux personnages principaux intègrent un nouveau lycée (le leur ayant été détruit dans le premier tome) et Yuki compte bien en profiter pour se faire de nouveaux amis. C'est sans compter avec Yuno et sa jalousie maladive...

Yuki retrouve sa naïveté des premiers tomes. Deus doit vraiment être profondément pervers pour avoir intégré ce jeune garçon parmi les psychopathes de son jeu. De nouveaux personnages font leur apparition et pour ne pas dénaturer avec l'esprit du manga, ils sont aussi fous et dangereux que les autres (à croire que Deus les a tous recruté à l'asile...). Pour les plus sadiques d'entre vous, ne vous inquiétez pas, c'est toujours Yuno qui garde la palme dans ce domaine.

Les personnages se retrouvent dans une sorte de petit huit clos qui a tendance à trainer un peu en longueur. Certains des nouveaux protagonistes sont malgré tout assez intrigants et on a envie d'en savoir plus à leur sujet.

Au final on a un nouveau numéro qui se laisse lire tranquillement sans pour autant tenir la cadence des précédents. Mais il suffira qu'un nouveau possesseur de chronographe entre en jeu pour que les rebondissements repartent de plus belle. Je ne m'inquiète donc pas pour l'avenir de la série après cette très légère baisse de régime.


Chroniques des autres tomes



Scénario & Dessins : Sakae Esuno - Editeur : Casterman - Collection Sakka
Série en cours – 4 tomes.
MIRAI NIKKI © Sakae ESUNO 2006 / KADOKAWA SHOTEN Publishing Co., Ltd.


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Partage de lectures bédéphile Franco-Belge, Comics et Mangas
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