Orcs - Nicholls / Flood

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Stan Nicholls a acquis sa renommée avec son cycle d’heroic fantasy Orcs, qui se plait à inverser les codes pour faire des orcs, peuple popularisé par Tolkien comme les serviteurs bêtes et aveugles du Mal, des héros à part entière, avec une culture et des aspirations d’ordinaire dévolues à des races plus nobles. Cet album, Forgés pour la guerre, n’est pas une adaptation de son œuvre mais une histoire à part entière, séparée de la trilogie même si elle lui emprunte ses personnages et son monde.

L’histoire prend place dans le royaume de Maras-Dantia, où cohabitent ceux que l’on nomme les races aînées : orcs, nains, elfes, gobelins,…

Malgré leurs caractères belliqueux, l’équilibre prévaut et chacun vit dans une relative tranquillité… jusqu’à l’arrivée des Hommes, qui rapidement accroissent leur population et détruisent l’écosystème, vidant peu à peu Maras-Dantia de sa magie.

Dans l’album, nous allons suivre une unité de soldats orcs baptisés les Wolverines : esclaves de la reine Jennesta, qui règne sur les terres du Sud, ils sont réputés pour leur redoutable habileté au combat. La reine Jennesta va les charger d’une mission de la première importance : escorter des gobelins qui s’apprêtent à tester une arme destructrice.

Ce one-shot démarre par une introduction très instructive de Stan Nicholls, qui contextualise le récit pour ceux qui ne connaissent pas sa série de romans. Il en profite également au passage pour rappeler que les orcs sont des personnages connus dans le folklore européen depuis le XVe siècle. Donc, même sans rien connaître de la série originelle, on démarre le récit avec tous les éléments de compréhension requis.

Et il faut dire que le scénario tient bien la route. On découvre ces orcs sous un jour nouveau, certes barbares, brutaux, sanguinaires, mais intelligents et raisonnés. A contrario, les humains apparaissent bien plus benêts, les Unis en particulier, béats d’admiration devant leur supposé Dieu unique. Au-delà de l’attention portée aux orcs, Stan Nicholls en profite en effet pour moquer les travers de ses contemporains et en faire un peuple parasite et intolérant.

Au dessin, Joe Flood, dont c’est la première BD, s’en sort plutôt bien, en évitant notamment le piège du dessin standard d’heroic fantasy, souvent virtuose, très léché et avec des couleurs saturées, qui aurait peu convenu à ce récit.

Orcs est une belle réussite ; c’est une histoire pleine avec un brin de suspens qui donne envie d’aller voir du côté des romans. Stan Nicholls nous prouve en tout cas que les orcs, s’ils sont « forgés pour la guerre », n’en sont pas moins crédibles en héros. Ce ne sont certes pas les plus vertueux, mais ils sont au moins moins ridicules que les humains.




Scénario : Stan Nicholls - Dessins : Joe Flood 
Editeur : Gallimard - Collection Bayou - Récit complet.




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