I am a hero - Kengo Hanazawa

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Première œuvre traduite en France de Kengo Hanazawa, I am a hero est une œuvre étrange à bien des égards. Rapidement présentée comme un hommage à Richard Matheson, la série semble partager avec Je suis une légende une certaine forme de complexité scénaristique. Un début intrigant qui devient sacrément accrocheur.

Hideo Suzuki est un drôle de gus : assistant mangaka en complète perte de repères, renfermé sur lui-même, il souffre de visions cauchemardesques : des bras et des têtes viennent régulièrement polluer son espace visuel, sans oublier ce compagnon imaginaire avec lequel il converse sans relâche, chez lui comme au travail. Etonnamment, Hideo a une petite amie, visiblement aussi inadaptée que lui, chez qui il se rend régulièrement.

Après une violente dispute avec elle, au sujet d’un autre mangaka qu’elle admire et que lui jalouse, il tente de reprendre contact, de renouer les liens. Sans réponse à ses appels, il décide de passer chez elle. C’est là qu’il va découvrir l’horreur qui se trame, sans toutefois en avoir pleinement conscience puisqu’après tout ce mal qui semble emporter la ville ne diffère pas beaucoup de son quotidien déphasé… 

On aime toujours la comparaison dans les œuvres, les raccourcis. Ils nous servent à nous repérer, à situer une œuvre dans un corpus personnel et subjectif rassurant. Avec I am a hero on pense forcément à Je suis une légende, à Walking dead et autres standards. Mais à la lecture de ces deux premiers volumes, on pressent qu’on est en face d’une série singulière, dont on ne sait au juste la direction qu’elle va prendre. Pour l’instant, on est loin d’une redite banale.

Tout le sel du premier volume est cette banalité du personnage, englué dans un monologue perpétuel et en proie aux visions qui peuplent son univers. On attend longuement les signes avant coureurs de ce qui semble inéluctable mais uniquement suggéré. Cette lenteur du prologue se révèle diablement efficace et laissera certainement planer un doute sur l’ensemble du récit. Suit-on une véritable destruction de l’humanité ou assiste-t-on aux divagations d’un fou ?

Ce côté dérangeant se retrouve également dans le dessin d’Hanazawa, d’un réalisme cru comme en témoigne les rapports entre Hideo et sa fiancée Tekko. A ce réalisme du trait, ce goût du détail et des décors fouillés, viennent se superposer des expressions dissonantes, des visages hors normes qui semblent sans cesse au bord du gouffre.

Sans préjuger de ce que donnera la suite du récit, désormais bien installé, cette entrée en matière est assez exceptionnelle par sa lenteur et la perte de repères qu’elle entraîne. Le personnage d’Hideo, loin de l’archétype du quidam qui doit se surpasser pour survivre et défendre les siens, porte en lui les signes d’un rapport au mal plus complexe, amoral et des plus prometteurs.



Scénario & Dessins : Kengo Hanazawa - Editeur : Kana - Série en cours - 2 tomes.  





 
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