Dieux et des hommes - Un chateau en Bavière

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Un nouveau tome des Dieux et des hommes est toujours une curiosité. Après un album (Une petite ville en Amérique) un peu décevant, Jean-Pierre Dionnet avance de quelques années pour se retrouver à la fin de la seconde guerre mondiale. On y découvre de nouveaux dieux dans un hommage à Aldrich et ses douze salopards. 

Nous sommes au début de l’année 1945. Un bombardier fait route vers la Bavière, et plus particulièrement vers le château de Neuschwanstein, érigé au siècle précédent par Louis II de Bavière. Sous des dehors de conte de fée, le château semble en effet abriter une cohorte de soldats, et probablement quelque chose de bien plus dangereux.

 Pour tenter de mettre à mal cet emplacement stratégique, pas de bombes à larguer, mais deux dieux : la Reine des neiges et le Danseur. L’association de leurs pouvoirs et de leurs compétences viendra facilement à bout des humains, mais arriveront-ils à détruire ce que cache dans ses entrailles le mystérieux château ?

Comme dans le précédent tome, l’action se déroule sur fond de seconde guerre mondiale. Mais là où dans le tome 3 on avait un contexte omniprésent et chronophage, on retombe ici avec plaisir dans l’iconographie et la suggestion. Le scénario se concentre sur les dieux et quelques figures bien choisies de la culture occidentale. 

L’utilisation faite du château de Neuschwanstein, projet fou d’éclectisme architectural, ridicule sous bien des aspects, est une merveilleuse idée. Quel meilleur lieu pour représenter la folie de ces temps, le risible rêve de grandeur du pouvoir nazi. Peut-on également y voir un clin d’œil à Walt Disney, qui s’en serait inspiré pour son château de la Belle au bois dormant ?

Ce sont cette fois-ci Peter Snejberg (Hellblazer, A god somewhere,…) et Ivo Milazzo qui se collent au dessin. Snejberg (pour l’histoire principale) s’en sort bien et réussit à donner un rythme intéressant à cet assaut. Milazzo se charge quant à lui d’une sorte d’épilogue où les principaux dieux se réunissent afin de décider de leur rôle dans le destin du monde. Son style, très inspiré d’Hugo Pratt, apporte une touche très particulière et très appréciable à cet instant hors du temps.

On retrouve avec Un château en Bavière ce qui a fait la beauté des débuts de la série : une économie, des références, des indices et du flou. C’est cette source inépuisable de questionnements qui fascine dans cette série. En choisissant de traiter son sujet comme autant de tableaux, d’instantanés, sans nécessité d’une véritable continuité, Jean-Pierre Dionnet nous pousse à combler les vides, à les interpréter. On exerce à plein notre rôle de lecteur.



Scénario : Jean-Pierre Dionnet - Dessins : Peter Snejberg / Ivo Milazzo - Editeur : Dargaud 
Série en cours - 4 tomes.  



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