The Grocery tome 2 - Singelin / Ducoudray

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Ça faisait un bout de temps qu’on l’attendait ce deuxième tome de The Grocery ! Le premier tome était une vraie pépite, aux dessins étonnants et à l’écriture détonante. On y suivait le retour à Baltimore d’un ancien Marine et d’un gangster rescapé de la chaise électrique; autour d’eux, misère et ingénuité. Une galerie de personnages, des bouts d’histoires et un fil rouge, un cornershop. Maintenant que la recette est connue, ce deuxième volume saura-t-il surprendre ?

Le volume reprend peu de temps après les évènements dramatiques de la fin du tome un. Mr Friedman, accusé à tort du meurtre du Rabbi Finkelstein, fait ses premiers pas en prison. 

Il comprend vite les règles de vie propres au milieu carcéral américain : rien qu’une histoire de gangs, de « races » et de débordement de violence. Seul souci : à quel groupe peut-il bien appartenir ? Au gang des juifs ? Pas avec à ses basques l’assassinat d’un rabbin. A la fraternité aryenne ? Compliqué aussi avec ses origines…

Ellisone, de son côté, dérange. Son envie irrépressible de dominer Baltimore et les moyens radicaux qu’il utilise ne sont pas du goût du responsable local de la fraternité aryenne, un petit Hitler étriqué. Ellisone va trouver en son secrétaire un allié de choix, comptable et réfléchi, avec déjà un plan bien arrêté pour asseoir leur domination. De son côté, Washington organise la résistance afin de lutter contre des expulseurs particulièrement décidés.

L’histoire se poursuit donc, introduisant cette fois-ci pour de bon le milieu carcéral, personnage indispensable, quasi central quand on connaît l’influence qu’il peut exercer à l’extérieur de ses murs dans le crime organisé. L’occasion de décrire plus précisément ces gangs de prison qui gangrènent la société américaine : Fraternité aryenne, Nazi Low rider, Crips, Bloods, Nuestra Familia, etc.

Aurélien Ducoudray élargit l’angle de vue : on n’est plus confiné à la petite vie de quartier, aussi dure soit-elle, et son corner. Une façon d’universaliser un peu plus le propos. Ce qui nous est montré n’est qu’un exemple parmi d’autres : ça se passe à Baltimore, ça pourrait bien être à Los Angeles ou Detroit. On sent d’ailleurs que les auteurs prennent plaisir à une certaine précision documentaire, souvent très pertinente.

Finalement, les grands oubliés sont peut-être les personnages principaux du premier tome : ces gosses sans repères, Elliott, Sixteen et leurs potes. Même si on les suit par moments, leurs histoires s’effacent devant celles des plus grands. Elliott par exemple devient simple faire-valoir, homme de paille à la tête de l’épicerie familiale.

Le deuxième tome de The Grocery confirme tout le bien qu’on en avait pensé il y a un peu plus d’un an. Les évènements des débuts, où Ellisone semblait seul sur la scène criminelle, sont loin derrière, et ses puissants alliés et concurrents entrent peu à peu en scène. Les enfants, laissés un peu de côté, sont les grands perdants de l’histoire, constamment dans l’ombre des adultes et remplis d’illusions. La collaboration entre Aurélien Ducoudray et Guillaume Singelin fait encore des merveilles, et on trépigne en attendant le troisième prévu pour septembre.



Scénario : Aurélien Ducoudray - Dessins : Guillaume Singelin - Editeur : Ankama 
Label 619 - Série en cours - 2 tomes.



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