Carton Blême - Siniac / Beuzelin / Oppel

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Un futur proche, une mégapole rongée. Les rues sont sales, envahies par la misère humaine et l'extrême délinquance. La pollution a atteint des sommets et les seuls endroits encore à peu près préservés accueillent des résidences de privilégiés. Posséder de l'argent reste un grand avantage, mais il y en existe maintenant un plus grand encore et qui n'est pas réservé à une élite : être en bonne santé.

Pour combler le déficit de la sécurité sociale devenu abyssal, une loi a été instaurée : afin de rendre plus efficaces les services de police dépassés face à la criminalité galopante, seules les personnes justifiant d'une bonne santé seront protégées. Les autres seront livrées à elles-mêmes, avec les conséquences que cela implique…

Un bilan médical régulier est obligatoire et à son issu on se voit délivrer une carte annonçant notre statut. Si le carton est bleu, vous serez secourus en cas de problème, s'il est blême, vous aurez beau supplier, personne ne viendra vous sauver… C'est dans ce contexte que Paul Heclans, fraichement nommé divisionnaire, enquête sur une série de meurtres sordides, nommée l'affaire du "dingue au marteau". Enquête qui le mènera à découvrir certaines failles du système...

Nous voici donc plongés dans un récit d'anticipation plutôt crédible (bien que quelque peu manichéen). Comme à l'accoutumée, la collection Rivages/Casterman/Noir adapte en bandes dessinées un polar et cette fois il est signé Pierre Siniac. Le contexte est posé dès les premières planches et l'on se laisse entrainer sans peine dans cette ville aux allures lugubres et à l'ambiance étouffante.

Rythmé, le scénario adapté par Jean-Hugues Oppel ne souffre d'aucun défaut. Certaines scènes volontairement choquantes aident à dresser le tableau de cette société en pleine implosion. En cela, le dessin de Boris Beuzelin, très accessible et superbement colorisé, rempli parfaitement son rôle. On ressent sans peine la crasse dégoulinant des murs, l'atmosphère viciée et la peur sur les visages.

Si son final peut sembler un peu abrupt, Carton Blême propose un récit cohérent, oppressant et inquiétant. Nous y retrouvons un de ces scénarios d'anticipation, dépeignant une société telle que nous pourrions la connaître dans un futur plus ou moins proche. Les ingrédients qui font un bon polar teinté de science-fiction.




Scénario : Pierre Siniac adapté par Jean-Hugues Oppel - Dessins : Boris Beuzelin  
Editeur : Casterman - Collection Rivages/Casterman/Noir - Récit complet.  



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