Exil - Minguez / Fabuel

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Paru au mois de mai dernier chez Vents d’Ouest, Exil marque la rencontre de deux auteurs que la généalogie a rapprochés. Jean-Marie Minguez et Henri Fabuel sont en effet tous deux des petits-enfants de la Retirada, l’exode des républicains espagnols cherchant à échapper aux exécutions phalangistes. A travers l’histoire de Francisco et Josefa, c’est un peu le destin de milliers d’autres qu’ils racontent.

Leur histoire démarre avant, mais bascule une première fois en août 1936. Francisco et Josefa, déjà parents, vivent à Palma del Rio. L’Andalousie est une des premières régions à tomber sous la coupe des armées franquistes quand éclate la guerre d’Espagne


Alors que les exécutions sommaires démarrent, Josefa prie son mari de s’enfuir ; elle s’occupera des enfants, ils se retrouveront sûrement quand les évènements se calmeront.

Commence alors l’exil. Traversant différentes villes, Francisco est confronté à une violence constante, où chacun des camps ne laisse aucun répit à l’autre. Avec ses compagnons d’infortune il atteindra le sud de la France, pour être interné au camp d’Argelès. Mais ce ne sera en aucun cas la fin du voyage.

Elle est dure l’histoire de Francisco et Josefa ; dure mais belle, car d’une certaine manière elle finit bien. Mais beaucoup connurent une fin plus brutale, plus tragique. Ce qu’on remarque d’emblée dans Exil, c’est que les autres ne seront pas oubliés. Raconter l’Histoire à travers les petites. Jean-Marie Minguez et Henri Fabuel en tirent un très bel hommage au courage de ces hommes et femmes.


Ils  nous racontent aussi les camps d’internement français, installés à la va-vite sur des plages, sans installations sanitaires. La dysenterie et les diverses maladies qui y circulent achèveront les plus faibles.

Exil est un bel et poignant récit. On suit avec angoisse cet exode forcé, contemplant la ténacité de ces anonymes. Derrière le noir et blanc des dessins, on croit distinguer des couleurs, ocres, rouges, ors. Jean-Marie Minguez et Henri Fabuel ne pouvaient sans doute pas leur rendre plus bel hommage. « Y’en n’a pas un sur cent et pourtant ils existent, la plupart espagnols, allez savoir pourquoi… »






Scénario : Jean-Marie Minguez et Henri Fabuel - Dessins : Jean-Marie Minguez
Editeur : Vents d'Ouest - Collection Intégra - Récit complet. 


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