Blacksad tome 4 - L'enfer, le silence

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Le producteur de jazz, Faust Lachapelle, est en très mauvaise santé. Mais ce qui l'inquiète davantage est la disparition de son plus grand jazzman, Sebastian. Ce dernier devenu héroïnomane a abandonné sa femme sur le point d'accoucher et demeure introuvable. Il charge alors Blacksad d'enquêter sur cette disparition avant qu'un malheur n'arrive au talentueux musicien.

Mais l'affaire ne semble pas si simple. Entre un détective incompétent vexé d'avoir été évincé, un fils jaloux et cupide ainsi que tout un tas de secrets bien lourds à porter, notre chat détective comprend bien vite qu'il a mis le museau dans quelque chose de bien plus complexe qu'il n'y parait.

L'enfer, le silence. Quand ne rien dire revient à se condamner à d'immenses souffrances, quand fermer les yeux rend l'innocent coupable, quand les profondeurs sont atteinte et que le mutisme est insoutenable, quand on sombre pour de bon et que les non-dit aspirent les profondeurs de l'âme. Insidieux et manipulateurs, les êtres créés parfois eux-même leur propre enfer.

C'est une histoire profonde et touchante que nous propose Diaz Canales pour ce quatrième tome des aventures de John Blacksad. Un récit teinté de jazz et de mélancolie malgré les couleurs vives d'un Mardi gras ensoleillé à la Nouvelle-Orléans. L'ambiance de la Louisiane nous transporte et les auteurs nous offrent avec cet album un magnifique hommage à cette ville qui a tant souffert il y a quelques années.

Le seul reproche que l'on pourrait faire au sujet de ce quatrième opus serait ses nombreuses ellipses qui laissent à penser qu'il aurait largement pu se développer en deux tomes, tant son sujet est riche. De ce fait, le rythme est mené à vive allure et le dénouement final arrive alors que l'on en voudrait davantage. Mais il en est finalement toujours ainsi lorsqu'un mets est aussi appétissant.

Ce qui émoustille notre lecture est encore une fois le dessin sublime de Juanjo Guarnido. Nous retrouvons ses personnages si expressifs, ses scènes d'actions magnifiquement orchestrées, ses mouvements et postures plus que réalistes magnifiées par des couleurs directes du plus bel effet. Fidèle à ce à quoi il nous a habitué, le dessinateur livre un nouvel album aussi beau et efficace que les précédents.

Proposant une enquête intelligente dans une ambiance festive et en même temps inquiétante, ce nouveau Blacksad tant attendu ne déçoit pas. La série, maintenant devenue culte, offre des moments enivrants, durant lesquels on a l'impression d'entendre les quelques notes du piano et de ressentir la douce chaleur d'un rayon de soleil. L'enquête n'en passe par pour autant au second plan, et même si l'on aurait aimé qu'elle dure quelques pages de plus, elle nous immerge dans une intrigue efficace.

Sortie en librairie le 17 septembre.




Chroniques des autres tomes


Scénario : Juan Diaz Canales - Dessins : Juanjo Guarnido
Editeur : Dargaud - Série en cours – 4 tomes.



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5 commentaires:

  1. Un bien bon opus que j'ai eue le plaisir de lire grâce au concours que Ginie a organisé avec Dargaud (merci à vous).

    Les dessins et couleurs sont toujours aussi sublimes, les animaux choisis avec discernement sont en accord avec leurs personnalités et le scénario est vraiment sympa.

    C'est toujours un plaisir de lire du Blacksad :)

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  2. C'est sûr, il était attendu, la qualité est là... Mais pourquoi ne suis-je pas alors comblé? Deux raisons peut-être : l'attente, si longue, d'un nouvel album, et le fait que celui-ci soit "juste" aussi bon que les précédents, l'effet de surprise en moins...
    Et l'histoire, à laquelle j'ai eu du mal à me faire, pourtant je suis fan de blues...
    mais bon, ça reste superbe, et je vais le relire. C'est obligé.

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  3. @Mackie : il est vrai que quand la barre est placée aussi haut il est difficile de la dépasser encore. Mais ne boudons pas notre plaisir, Blacksad reste quand même un must ^^

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  4. Oui, et même si j'ai "un peu moins" flashé que sur les précédents, Blacksad reste une série d'une qualité exceptionnelle, très au-dessus de la moyenne, c'est sans discussion.



    (mais quand même... aaahr, ok, je radote, j'arrête)

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