John Constantine Hellblazer - Dark entries

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John Constantine traîne ses guêtres à Londres, ne se mêlant à la population que pour sacrifier à ses péchés mignons : clopes et whisky. En rentrant à son appartement, un certain Matthew Keene l’attend. Producteur de télé-réalité, il a besoin de l’aide de Constantine pour arranger les bidons du show le plus regardé du moment : Dark entries.

Le concept de l’émission est simple ; une maison gigantesque, six jeunes candidat(e)s, aucun contact avec l’extérieur et un leitmotiv : la peur. Le tout bien sûr filmé sous tous les angles. 

Le seul problème de cette maison hantée est qu’elle fonctionne au-delà de toutes les espérances. Les participants sont en effet tous terrorisés par des visions récurrentes, et sur ce coup, la production n’y est pour rien. John Constantine, détective de l’occulte, est donc chargé de faire la lumière sur ces étranges phénomènes en intégrant le jeu.

Personnage créé dans les années 80 par Alan Moore, John Constantine a suivi plusieurs voies suivant les scénaristes qui se sont attaqués à ses aventures. Plus axé fantastique lorsqu’ils furent américains, plus réaliste pour les british. Mais de ces diverses orientations se dégage un canon, une sorte d’archétype du personnage. Ainsi, l’idée de confier un scénario à Ian Rankin, auteur policier à succès, n’est pas si étonnante qu’il y paraît. Son personnage fétiche, l’inspecteur Rebus, est en effet très proche de Constantine : fumeur invétéré et hardi consommateur de whisky, il est solitaire, dur et cynique. On pouvait donc attendre du bon et de l’étonnant avec cet essai. On est finalement assez déçu.

N’est pas scénariste qui veut, pas même le plus bankable des écrivains. Dans un format finalement très « roman » (qui, au passage, présente très bien), le récit peine à se mettre en place, prenant beaucoup trop de temps pour une intrigue plutôt légère. En effet, la dénonciation du côté « pourri » de la télé-réalité et de ce qu’elle révèle de notre société est un procédé quelque peu éculé et un poil ringard. Et si le scénario réserve un retournement de situation efficace, il arrive malheureusement bien tard.

Le dessin de Werther Dell’Edera est quant à lui assez inégal, efficace dans son appropriation de John Constantine (notamment une bonne entrée en matière avec les premières planches et les déambulations dans Londres), creux dès que le détective sort du cadre. Dessin passe-partout, il n’aurait pas choqué dans un récit plus court, mais ici ses carences finissent par sauter aux yeux.

Cet épisode des aventures de John Constantine Hellblazer, dans un format prometteur, voit les débuts de scénariste BD de Ian Rankin. Souffrant de longueurs, le scénario ne convainc pas, trop lisse pour accrocher le lecteur, et trop lisse pour coller à son personnage. Le dessin, sans être mauvais, ne rehausse pas le niveau. Au final, Dark entries pourra intéresser les fans de l’inspecteur Rebus, mais guère plus.



Scénario : Ian Rankin - Dessins : Werther Dell’Edera
Editeur : Panini Comics - Collection Vertigo Graphic Novel - Série en cours - 9 tomes.


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