Intégrale Alexis + Gotlib

. . 2 commentaires:
Une de mes premières passions BD de l’âge adulte (si on considère l’âge adulte à plus ou moins 18 ans…) fut Fluide Glacial. Chaque mois je me précipitais chez mon buraliste pour y acheter le dernier numéro, avec l’espoir secret d’y trouver une nouvelle aventure de Bill Baroud ou de Moerell ou la cuisse (et surtout pas de Pépé malin !). 

Et pourtant il me fallut plus de dix années supplémentaires pour ouvrir une BD d’Alexis. Etonnant, non ?

Alexis, de son vrai nom Dominique Vallet (aucune idée du pourquoi de son pseudonyme), est mort en 1977, à l’âge de 31 ans. Comme pour tout génie, on insiste souvent sur la précocité et on se projette sur ce qu’il aurait pu apporter s’il avait vécu un peu plus longtemps. A la lecture des trois titres qui composent cette intégrale, ce sentiment est plus prégnant que jamais.

Commençons par "Dans la joie jusqu’au cou", avec Gotlib au scénario. Ces histoires courtes sont tout simplement ce qui s’est peut-être fait de mieux dans l’humour. Un humour absurde, scabreux, fin. On y retrouve notamment l’exceptionnelle série "La publicité dans la joie", avec son présentateur stoïque et son assistante Lætitia, tentant de nous démontrer par l’absurde les bienfaits de produits comme l’hostie Alka Seltzer ou la margarine Plantu. Et si Gotlib dans la préface du recueil semble s’excuser d’avoir pondu des histoires « indignes », c’est avec un sourire en coin…

Les deux autres albums, "Fantaisies solitaires" et "Avatars et coquecigrues", présentent les histoires scénarisées et dessinées par Alexis. Véritables ovnis, elles célèbrent l’absurde, le surréalisme, le décalage. Tour à tour hilarantes, intrigantes, fascinantes, elles dessinent un univers d’une richesse incroyable, où l’on retrouvera les traces de Chirico et de Verne. Au final, ce ne sont pas tant les qualités graphiques, pourtant époustouflantes, mais cette imagination débordante que l’on retient.

Je me suis rarement autant bidonné qu’en lisant cette intégrale ! Ça m’a poursuivi une bonne partie de la nuit, et puis… je me suis senti un peu con. Comment avais-je pu passer à côté pendant si longtemps ? Ce qui était une évidence pour beaucoup l’est aussi devenu pour moi : Alexis était un maître. Pas au sens pompeux du terme, c’est juste que l’on manque parfois de mots pour exprimer son admiration. Donc jetez-vous sur cette intégrale, lisez-la, prêtez-la, vous ferez plus pour le moral des ménages que n’importe quelle mesure gouvernementale !




Scénario & Dessins : Alexis - Editeur : Fluide Glacial.




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2 commentaires:

  1. Je ne sais pas si c'est dans l'intégrale (en toute logique oui) mais les deux volumes de Cinemastock, toujours en collaboration avec Gotlib, sont excellents (mention spéciale à la parodie de Notre Dame de Paris). A noter qu'Alexis est également l'un des papas de Superdupont.
    Sinon l'article pointe bien la frustration liée à la mort précoce d'Alexis et son oubli actuel (et, comme pour Satoshi Kon, c'est bien dommage).
    Sinon ca transparait beaucoup dans ses deux albums solo mais je pense qu'Alexis, avec son trait sombre et élégant, aurait pu adapter à merveille en BD les récits de Lovecraft
    Une bonne journée et merci pour cet article :)

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  2. Merci pour le commentaire! D'accord avec toi pour les récits de Lovecraft, il aurait pu en donner une vision plus absurde qu'horrifique. Dans le même temps, j'ai le sentiment qu'il aurait pu dessiner n'importe quoi (j'avoue avoir tourné au fanatisme...)
    Pour Cinemastock, ça n'est pas dans l'intégrale (parution initiale dans Pilote, puis Dargaud), et c'est effectivement excellent!

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