Les chroniques de la guerre de Lodoss : La Dame de Falis

. . 7 commentaires:
J’avais vu il y a quelques années l’anime des Chroniques de la guerre de Lodoss, auquel j’avais relativement accroché, pas suffisamment cependant pour qu’il m’en reste des souvenirs précis aujourd’hui. C’est donc en curieux et presque novice que je me suis lancé dans « La Dame de Falis », parce qu’avec tout le bien qu’on dit de cet univers j’avais bien envie de retenter ma chance.

Cet épisode se présente comme une préquelle, se déroulant un demi-siècle avant les évènements des Chroniques. Ryo Mizuno y développe la légende des six héros, évoquée dans l’anime.

Le roi des démons a été ramené à la vie par l’avidité d’un noble et l’étourderie d’un mage. Lodoss se prépare donc à connaître un sort funeste, des hordes de démons ayant débuté l’extermination des villages et l’empoisonnement de la nature. Une jeune capitaine de prêtres guerriers, Flaus, arpente le territoire pour mesurer l’étendue des dégâts et tenter de comprendre qui est derrière tout ça. Elle rencontrera l’aide providentielle d’un guerrier et d’un mage, Beld et Wort, qui se joindront à elle dans sa quête. S’ajouteront à ces valeureux un roi nain, une prêtresse de Marfa et un chevalier saint.

Le scénario se présente donc comme un grand standard de l’heroic fantasy (ou de la high fantasy ?), et ne propose pas grande originalité. L’approche très sérieuse, tant au niveau du ton que de la mise en place de l’intrigue, en fait cependant un scénario solide, auquel on accroche vite même sans connaissance précise de l’univers de Lodoss. Avec richesse des détails et sens de l’épopée, Mizuno offre une aventure que j’ai personnellement trouvée passionnante ; après, peut-être qu’un fan du genre, ce qui n’est pas mon cas, accrochera moins du fait du classicisme du scénario. Reste tout de même que la qualité d’écriture est là, c’est indéniable.

Le dessin de Akihiro Yamada est assez démesuré, nerveux. Ainsi, si on voit le soin apporté au traitement graphique des personnages, précis, pointilleux, on regrettera cependant l’aspect très brouillon de certaines scènes, en particulier les combats, par moments tout bonnement illisibles. Rendons-lui cependant grâce en précisant que l’ensemble se tient bien et que son travail relaie parfaitement le souffle épique de l’histoire.

La Dame de Falis est donc un récit efficace, épique, héroïque, et offre une belle introduction aux Chroniques de la guerre de Lodoss. Totalement accessible aux non-initiés et publié ici en version intégrale par Kazé (522 pages et une édition fort agréable à manier), le récit des six héros permet une entrée en douceur dans cet univers foisonnant qu’est Forceria.


Scénario : Ryo Mizuno - Dessins : Akihiro Yamada - Editeur : Kaze Manga - Intégral.
© RYO MIZUNO / GROUP SNE / KADOKAWA SHOTEN 2011 © AKIHIRO YAMADA 2001
 
 
 

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7 commentaires:

  1. Je te rejoins sur ta critique. J'avais moi-même découvert l'univers de Lodoss par la lecture d'une édition précédente (en deux volumes) de La Dame de Falis (vers 2004/2005 je crois).
    C'était, je crois, ma première incursion dans l'HF en manga. J'ai beaucoup aimé le côté épique de la chose même si comme tu le soulignes le dessin peut paraître très brouillon. Cependant, même si parfois ça fait un peu mal aux yeux, je trouve qu'il a une certaine originalité par rapport aux "normes" du manga. Et ça donne envie d'en savoir un peu plus du coup.
    Bon après, comme toi, je suis un amateur du genre et du coup, le manque d'originalité du scénario ne me dérange pas. Cependant, c'est très bien fait, on s'accroche et on se passionne... comme un chant épique en fait :-)
    Non, c'est une bonne introduction au monde Lodoss. En tout cas, moi ça m'a donné envie :-)

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  2. Ton avis est intéressant car j'avais tendance à penser justement qu'un amateur du genre serait un peu "dérangé" par le classicisme du scénario. Mais je vois qu'il n'en est rien. Etant quant à moi plutôt novice en la matière, ce classicisme m'a permis de m'y retrouver facilement dans le récit.

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  3. Il est vrai que ce sont certainement les amateurs du genre qui seront les moins dérangés par le côté très classique de ce genre de récit.

    Personnellement c'est exactement ce qui m'en éloigne, je trouve lassant ce classicisme (la quête avec le chevalier courageux, le nain, l'elfe, le méchant très méchant… je schématise ;o)).

    Réflexion faite, à part quelques rares titres comme Le grand pouvoir du Chninkel ou Les Légendes des Contrées Oubliées, l'heroic fantasy est le genre qui a le plus de mal à me séduire, en grande partie à cause de ce manque de renouvellement.

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  4. Oui, c'est également la grande faiblesse de ce genre. Encore plus depuis quelques années avec la "normalisation soleil".
    Bon dans ce cas, déjà, c'est un manga. Ce qui n'est pas très commun. En manga c'est plus le genre samouraï qui domine. L'HF c'est plus un genre occidental.
    Après, malgré ces normes, rien n'empêche d'être emmené par le récit... et puis de trouver certaines richesses. Personnellement, c'est avec un certain plaisir et, je le reconnais une paresse, que je retrouve les mêmes héros et les mêmes situations. On sait où l'on va, parfois avec quelques surprises mais la plupart du temps c'est agréable... quand ça n'abuse pas trop des poncifs du genre, ça le fait. Mais c'est pareil dans certaines formes de littératures (comédie romantique, polar...)
    Dans le cas de la Dame de Falis, ça reste acceptable. Et puis moi, j'aime bien quand on me raconte des histoires de nobles chevaliers ^^
    Après pour que ça deviennent un récit marquant, c'est autre chose. Des séries comme Légendes des contrées oubliées, Le Chninkel et La quête de l'oiseau du temps se sont toutes inscrites dans une tradition pour mieux lui tordre le cou ensuite. Franchement, Le Chninkel de Van Hamme , Le Bragon de Loisel ou Hurl de Ségur ne sont pas des personnages d'une originalité folle à la base... et pourtant... Quel amateur de BD n'a pas été touché par leurs aventures (au moins l'une d'elle) ? (toi au fond tu te tais je t'ai rien demandé)
    Malheureusement pour l'HF (et la BD d'humour), c'est le genre qui a le plus souffert de l'écueil commercial. Maintenant, on a beaucoup de BD d'HF faites pour les Gros Bill qui repassent en boucle les scènes de batailles du Seigneur des anneaux. Regardez ce qu'est devenu Les chroniques de la Lune Noire qui ne partait pourtant pas trop mal. On est loin de l'héritage des romans de chevalerie épique, d'Arthur et sa bande. Moi c'est ce que j'aime dans l'HF, c'est ça... Ce souffle épique/poétique parfois... Remarquez l'importance des chants dans le SDA, quid dans le film ??
    Dans Lodoss, c'est ce que j'ai retrouvé (un peu) ... surtout sur la fin... Alors oui, il y a les grands éléments mais voilà...
    Bon j'arrête car je suis trop long :-)

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  5. @David : je vois qu'encore une fois nous nous rejoignons tout à fait dans notre façon de voir (mêmes références, mêmes constats).

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  6. En même temps, je pense que c'est le point de vue de beaucoup d'amateurs... ^^
    Comme quoi, nous avons bon goût :-)

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  7. Je ne connais pas du tout mais bien envie de découvrir !

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