Vamps - Lee / Simpson

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Le renouveau des littératures de monstres, bit lit et consorts occasionne de nombreuses créations originales mais également la traduction et la sortie d’anciens titres, plus ou moins datés, plus ou moins réussis. De l’aveu même d’Elaine Lee, créatrice de Vamps, ses récits n’auront pas reçu un accueil très favorable au moment de leur parution dans les années 90. Trop gore, trop extrême, trop féministe ? Les lectures peuvent être multiples. J’avoue pour ma part avoir toujours eu un réel respect pour la prise de risque et l’absence de mesure, un certain côté punk.

Vamps nous narre donc la fuite de cinq femmes vampires qui, après avoir détruit leur maître, Dave, prennent la route sur leurs motos. 

Dans ce road trip sanglant, on ne sait pas bien ce qu’elles recherchent, nouveau départ, nouvelle vie, baroud d’honneur. Impulsives, ivres de leur liberté nouvelle, elles vont semer la terreur dans les États traversés. Elles seront bien vite repérées par les polices locales, ce qui semble être le cadet de leurs soucis car dans leur monde les vampires ne meurent jamais tout à fait. Le spectre de Dave plane sur elles…

Dans un cadre très classique (de mon point de vue, aucune originalité particulière dans les caractéristiques vampiriques), Elaine Lee a bâti un scénario qui tient en quelques lignes : rébellion, fuite, retrouvailles sanglantes. Ce qui m’a le plus frappé dans ce récit est à quel point il est dérangeant. Souvent très gore, amoral, pulsions sexuelles exacerbées, il ne laisse pas indifférent. Finalement, le choix du vampirisme ne semble être qu’un détail, tant on y distingue une métaphore féministe, libertaire.

La postface d’Elaine Lee, qui détaille la genèse du titre et sa réception, est d’ailleurs très éclairante. Loin de défendre une théorie quelconque, elle explique sa volonté de départ, ses sources d’inspiration, en particulier ses virées entre copines, parfois assez trash.

Graphiquement, le titre est assez inégal. Le trait du dessin est un peu « figé », les couleurs un peu grossières. Cependant, on imagine que ce type de graphisme, très caractéristique de la période, passe mieux en format kiosque qu’en édition cartonnée. Mais finalement, l’ensemble est assez cohérent, car les faiblesses précitées renforcent le côté underground du scénario.

J’ai trouvé la lecture de Vamps assez intrigante, intéressante sous bien des aspects. Tout en restant très classique dans la trame, le récit détonne par son élan féministe et son approche très brute de la survie. Même si le genre est à son paroxysme actuellement, ce récit d’Elaine Lee et de William Simpson est à réserver aux inconditionnels du genre et aux curieux, en raison de son côté assez underground mais aussi de son prix, assez élevé (22€).





Scénario : Elaine Lee - Dessins : William Simpson - Editeur : Panini Comics - Récit complet. 


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