La nuit - Stanislas Gros

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On connaissait Stanislas Gros pour ses adaptations de grands classiques dans la collection Ex-Libris de Delcourt (Le dernier jour d’un condamné et le portrait de Dorian Gray), on le découvre aujourd’hui un peu plus avec La nuit, conte écrit et dessiné par ses soins. En voyant l’illustration de couverture, avec ce chevalier triste en bout de course, on sent poindre une profonde mélancolie. Mais pas que.

En des temps moyenâgeux, une nuit que l’on imagine comme tant d’autres, des vies s’agitent. Il y a d’abord l’errance désespérée d’un chevalier solitaire, en plein milieu de la forêt, à la recherche d’une chimère ; le tour de garde d’un soldat du château ; une mère qui couche son fils et attend son amant ; cet enfant qui rêve ; des morts qui reviennent en fantômes sans trop comprendre ce qui leur arrive.

On comprendra vite que ces personnages sont tous liés de près, par un lien amoureux, amical ou respectueux. Dès lors, on comprend aussi que cette nuit occupera une place à part, comme un moment fondateur ou destructeur, c’est affaire de point de vue. Mais pour tous flotte un air de magie…

Enchaînant les chapitres comme autant de tableaux, Stanislas Gros joue sa partition finement, oscillant entre humour et drame, dans un flou nocturne ambiant. Chaque personnage est traité avec la même importance, qu’il soit noble ou paria ; chacun participe au mystère. Il y a là un très beau travail d’écriture, poétique, intelligent, qui préfère aux effets de manches les impressions fugaces et les ellipses.

A noter également un dessin très réussi, souvent naïf, toujours précis. Il relaie parfaitement les passages légers, un peu moins les moments plus graves. J’ai été particulièrement impressionné par les proportions des décors et les angles de vue, qui sont d’une grande justesse et font sens.

Stanislas Gros s’en sort haut la main avec cette première création. Un conte énigmatique, plaisant à lire, entre mélancolie et joie. Ce que l’on croirait être une simple historiette se révèle plus profonde qu’il n’y paraît, en témoigne la fin où réalité et rêve de l’enfant s’entremêlent, se confondent et s’opposent. La morale ? C’est entre chiens et loups que la magie opère… 


Scénario & Dessins : Stanislas Gros - Editeur : Gallimard - Collection Bayou
Récit complet.


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