Histoires de guerre - Garth Ennis/Collectif

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Garth Ennis s’est fait une spécialité des univers noirs, ultraviolents, transgressifs. On le retrouve cette fois-ci dans un registre un peu différent, celui du récit de guerre. Quoi de plus normal pour lui, me direz-vous, que de s’intéresser à la seconde guerre mondiale, une des plus grandes boucheries de l’Histoire ? Sauf qu’à y regarder de plus près, son attention se porte surtout sur les destins d’anonymes et laisse un peu de côté cette fascination pour la violence qu’on lui connaît.

Quatre histoires, quatre destins composent ce premier volume d’ « Histoires de guerre »

Le premier récit s’attarde sur un petit groupe de soldats allemands esseulés, avec pour seul salut leur tank Tigre. Leur but : se faire constituer prisonniers auprès de l’armée américaine, l’issue de la guerre ne faisant plus aucun doute. Le deuxième nous conte un bout de l’histoire des D-Day Dodgers, surnommés ainsi (« les tire-au-flanc ») par Lady Astor, élue au parlement britannique, pour leur supposée retraite dorée en Italie alors que les combats font rage en France.

Troisième histoire : celle de la Easy company, division aéroportée mise à l’honneur récemment par la série Band of Brothers ; où comment les intérêts du commandement rentrent en conflit avec ceux des hommes de terrain. Et enfin, l’équipage du Nightingale, navire d’escorte allié, en pleine guerre maritime et vivant sous la menace constante du redoutable (et surtout redouté) Tirpitz, cuirassier allemand qui servit d’épouvantail contre les convois arctiques.

On le voit, à travers ces récits, Garth Ennis a surtout cherché à raconter des histoires d’hommes, pris souvent malgré eux dans la tourmente de la guerre. Bien documentés, ils font revivre certains moments de la seconde guerre mondiale à travers ces personnages fictionnels. Cette précision documentaire est plutôt bien dosée car elle n’envahit jamais le récit, elle ne fait qu’apporter une véracité à ce qui est décrit. Pour preuve le premier récit, dans lequel le fameux Tigre, bien que décrit en détail, devient un personnage à part entière, voire le personnage principal. A aucun moment on a le sentiment d’être face à un documentaire sur l’armement militaire.

De la même façon, si le travail de documentation a également été effectué par les dessinateurs (Dave Gibbons, Chris Weston,…), ils n’ont pas non plus fait dans le détail infime. Ils ont mis en scène des scénarios, pas donné dans le dessin technique. Le véritable passionné ne s’y retrouvera donc sûrement pas, le lecteur lambda beaucoup plus.

Seul petit point noir, qui reste un détail mais qui m’a un peu gêné tout de même : Ennis donne un peu trop souvent dans l’héroïsme. Le capitaine allemand, même si lui se décrit comme une vraie ordure, est sur la voie de la rédemption, ou au moins du regret ; un des derniers survivants de la Easy company, au lieu d’obtempérer, dit au général de se foutre ses ordres au cul,… Tout cela donne un ton un peu trop solennel à mon goût.

« Histoires de guerre » forme un très bon recueil de récits de guerre, bien dosé entre narration et aspect documentaire. Garth Ennis renvoie une image flatteuse des acteurs mineurs de cette guerre, en opposition à celle des hauts décideurs. Un point de vue assez humaniste et louable. Une chose est sure : chaque histoire est habilement menée, bien dessinée, et tient en haleine jusqu’au bout. A lire.





Scénario : Garth Ennis - Dessins : Dave Gibbons/John Higgins/David Lloyd/Chris Weston/Gary Erskine - Editeur : Panini Comics - Collection : Vertigo Cult.




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