Aâma - Frederik Peeters

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Frederik Peeters, auteur éclectique, revient avec une série de science-fiction dans laquelle se mêlent explorations spatiales, terraformation, toute-puissance de la technologie et résistance. Un premier tome de 84 pages, dense, riche et qui introduit admirablement une des intrigues que pourra receler Aâma.

Dans un futur indéfini mais que l’on imagine lointain, Verloc Nim, traîne ses guêtres dans les sous-sols de Radiant. Rien ne semblait pourtant le prédestiner aux bas-fonds : héritier  d’un petit commerce, une femme et une fille, un frangin brillant. Jusqu’au basculement, suite à l’arnaque dont il est victime et au cambriolage qui s’en suit. Malchance ou conséquence logique d’un malheur en germe depuis longtemps ?

Toujours est-il qu’il claque désormais ses quelques revenus dans des cures de shia, substance visiblement fortement psychotrope. Ce soir-là, il finit la gueule dans le caniveau. C’est son frère qui le relèvera, de la flaque d’eau où il gît et de sa condition. De ce dernier on ne sait pas grand-chose, si ce n’est qu’il appartient à une caste bien plus élevée et qu’il occupe un poste important dans une des grandes entreprises qui prospèrent dans ce monde d’extrêmes. Il lui force un peu la main, mais Verloc accepte de l’accompagner dans une de ses missions : objectif, renouer le contact avec une colonie scientifique envoyée cinq ans plus tôt sur Ona(ji), dernière planète découverte, et laissée à l’abandon suite à la grande crise financière.

Tout ce premier tome constitue à lui seul un flashback, ou plutôt une série de flashbacks. Partant d’une situation des plus étranges (le héros, évanoui sur un cratère, avec pour compagnon un singe avec des jambes d’homme), Verloc nous raconte son histoire en même temps qu’il la redécouvre à la lecture de son carnet de voyage. A intervalles réguliers, il digresse pour nous expliquer la vie qui fut la sienne avant l’expédition. Frederik Peeters utilise parfaitement ce procédé classique en introduisant d’emblée des éléments dérangeants, comme cet hybride singe-homme dont on ne sait pas bien ce qu’il est censé représenter. On s’interroge dès les premières pages sur ce personnage bien avant de s’intéresser au cœur de l’intrigue.

L’univers qui est ensuite développé est très bien dosé, on en découvre des facettes au fur et à mesure du récit et cet assemblage constitue petit à petit une esquisse de ce que le monde et la société est devenu. Sa représentation graphique, minimaliste, épurée, renvoie un sentiment de désolation qui contraste cependant avec les personnages et leurs costumes, mélange de combinaisons aseptisées et de drapés anachroniques. Même dans l’épure le dessin est dense, recherché. On n’en attendait pas moins de Peeters.

Cette Odeur de la poussière chaude est une vraie réussite. Si la trame respecte nombre de codes de la science-fiction, on retrouve cette poésie étrange et inquiétante qui caractérise l’ensemble de l’œuvre de Peeters. On ne sait pas où il compte nous emmener, mais ce premier tome nous convainc de le suivre aveuglément, sur les traces de cette mystérieuse Aâma.

Pour les curieux, allez jeter un œil sur http://projet-aama.blogspot.com/Frederik Peeters poste régulièrement des croquis et des inspirations à son récit




Scénario & Dessins : Frederik Peeters - Editeur : Gallimard - Série en cours - 1 tome.




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