Notre seul ami commun - Boris Mirroir

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Je ne connais pas vraiment le catalogue de CFSL, filiale d’Ankama. Tout juste ai-je ouvert quelques artbooks, passionnants au demeurant, et survolé Magnitude 9, très belle initiative en soutien au Japon touché par la catastrophe. Boris Mirroir, connu aussi sous les pseudos BenGrrr et La Tête X, y sort ces mois-ci un récit en trois tomes, Notre seul ami commun (tome 1 en mars, T2 en avril, T3 en mai). Superbe en tous points.

Une nuit, dans ce qui ressemble de près à une petite bourgade tranquille. Un jeune homme (représenté en chien) est prostré dans son fauteuil, entouré par tout ce qui fait son monde. Une sorte d’enfance figée. Une super NES, des clopes, une table basse bon marché, une boîte à pizza qui traîne.

Il se met en tête de se procurer le tout dernier jeu sorti, mais il est déjà tard. S’interdisant d’abord de passer boire un verre au café du coin, il finit par céder à la débauche. S’ensuit une longue nuit d’excès, terminée dans sa pisse au petit matin. On apprendra vite les raisons de cette prostration tout juste trompée par l’alcool : un décès, qui n’en finit plus d’arriver.

On démarre cet album sans trop savoir où l’on va. Les dessins, les personnages, l’univers, ont un côté très cartoon qui nous laisse penser à une succession de strips, que l’on imagine forcément humoristiques. Et pourtant on comprend vite que l’on ne va pas rire des masses, ou alors jaune. Boris Mirroir décrit une vacuité abyssale à travers son personnage principal. Proche du gouffre, il se raccroche à quelques éléments tangibles, une cartouche de jeu, une canette de bière, la compagnie d’un autre à la dérive.

Cependant on ne tombe jamais dans le pathos. Tout est amené finement, tout est affaire d’impressions. Notamment l’évocation de la mère à travers ses mains décharnées est d’une incroyable force. On écoute ce qu’elles ont à nous raconter, elles disent tout de la souffrance, de la fatigue, de l’imminence de la fin. 

Notre seul ami commun laisse sans voix. Evocation d’un deuil imminent, derniers vestiges de l’enfance, chaque détail fait sens dans cet album. Les intertitres rédigés comme des entrées de dictionnaire sonnent comme un bilan. On attend la suite fébrilement.


Chronique des tomes 2 et 3



Scénario & Dessins : Boris Mirroir - Editeur : CFSL Ink - Série en cours - 1 tome.



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