Hôtel particulier - Guillaume Sorel

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Sorti fin mai chez Casterman, Hôtel particulier est le dernier album en date de Guillaume Sorel, auteur/dessinateur très ancré dans le fantastique. Après avoir illustré des jeux de rôle, il dessine sa première bande dessinée chez Vents d’Ouest avec Thomas Mosdi, L’île des morts. Sortira ensuite au début des années 2000 la série Algernon Woodcock, sur une Ecosse empreinte de légendes et de monstres. Dans Hôtel particulier, le fantastique affleure également, rappelant les œuvres françaises du XIXe, notamment celles de Théophile Gautier et Maupassant.

Dans un immeuble parisien, une jeune femme met fin à ses jours. D’elle on ne connaît pas grand-chose, si ce n’est sa beauté et sa tristesse. Le narrateur la nomme Ophélia, tiré du poème d’Arthur Rimbaud : « Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles, la blanche Ophélia flotte comme un grand lys ». Au moment où les secours emportent son corps, son âme reste prisonnière de l’immeuble.

Désormais fantomatique, elle va errer dans l’immeuble, discourant avec le chat d’un voisin et observant tous ces étranges habitants. Des parents dont la fille a mystérieusement disparu, un Dionysos anonyme donnant vie aux personnages des livres peuplant sa bibliothèque, et surtout un peintre à la dérive qui continue à la peindre, dernière rémanence de son existence.

On entre étrangement dans cet album : par un suicide, mais bercé par les vers de Rimbaud. On ne sait sur quoi va déboucher cette sérénité initiale : une chronique sociale ? une enquête ? Guillaume Sorel nous embarque en réalité vers une série de contes fantastiques, où réel et irréel se mêlent. Dans l’histoire de ce peintre, c’est par l’intermédiaire d’un miroir que le surnaturel survient. Dans celle du voisin érudit et libidineux, ce sont les livres qui servent de passage.

On pense inévitablement aux débuts du fantastique français, à la Morte amoureuse, aux contes de Maupassant. On retrouve cette idée de surgissement du surnaturel, dans chaque petite vie, au détour d’un épisode anodin. Ces courtes scènes, entremêlées, sont superbement mises en valeur par les dessins au lavis, d’une grande élégance. La sexualité et le désir, omniprésents, le sont tout autant.

Guillaume Sorel écrit, à travers le récit de cette morte, une œuvre fantastique d’un classicisme élégant. On y retrouve nombre d’histoires, des objets surnaturels, des êtres charismatiques et de la passion. Les dessins sont sublimes. Cet Hôtel particulier recèle donc bien des mystères, à découvrir sans hésitation aucune.



Scénario & Dessins : Guillaume Sorel 
Editeur : Casterman - Collection Univers d'auteurs - Récit complet.  




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