Homeland directive : théories du complot, vie privée et risques du numérique...

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Dans l’Amérique post-11 septembre, les thèses conspirationnistes font florès. Entre Patriot Act et menaces invisibles, tout le terreau nécessaire à la suspicion généralisée est présent. C’est exactement ce que développe Homeland directive, sorti mi-juin chez Urban comics : ce danger perpétuel, et peut-être bien plus proche que les factions terroristes du Proche-Orient.

Laura Regan est une chercheuse émérite du Centre National des Maladies Infectieuses. Elle travaille en binôme avec le Dr Ari Musa, particulièrement compétent et reconnu. Après l’avoir déposée à l’aéroport d’Atlanta d’où elle doit embarquer pour se rendre à une conférence à New York, Ari est assassiné par deux hommes.

Elle ne l’apprendra qu’au cours de la soirée, par un inspecteur venu à la conférence lui annoncer la nouvelle. Alors qu’il la raccompagne afin de prendre sa déposition, ils sont agressés par trois hommes au volant d’un van. Kidnappée, elle se réveille dans un motel et fait connaissance avec ses ravisseurs, qui s’avèrent être des agents du gouvernement. Visiblement, ils sont là pour la sauver d’une menace bien réelle, qui semble orchestrée au plus haut niveau de l’Etat…

Homeland directive démarre comme une saison de 24 heures chrono : un cours préambule, et tout s’accélère. Il y est question de sécurité intérieure, de complot et de grands idéaux comme la liberté individuelle. Le scénario imaginé par Robert Venditti (Clones) donne d’emblée la couleur : la menace est intérieure et se décide à un échelon supérieur de l’administration.

Le rythme est haletant et malgré des rebondissements plutôt attendus, on ne décroche pas du récit. Derrière cette conspiration, c’est bien la société américaine que l’auteur interroge, dans ce qu’elle a de répressif, d’anxiogène et de liberticide. Doit-on sacrifier sa liberté personnelle sur l’autel de la sécurité nationale ? Question rhétorique car les Américains n’ont pas spécialement eu voix au chapitre…

Mike Huddleston (Butcher Baker) se distingue une nouvelle fois par son inventivité, alternant noir et blanc et couleurs saturées et mélangeant les styles graphiques parfois dans une même case. Soyons honnêtes, toutes ses tentatives ne sont pas forcément heureuses (comme l’ajout de quelques photos à peine retravaillées par exemple), mais son style colle parfaitement à la tension qui se dégage de l’histoire.

Homeland directive est un bon thriller jouant habilement sur les thématiques de la théorie du complot et des risques du numérique. On ne s’ennuie pas un seul instant, et si les problématiques que le récit pose ne sont pas des plus complexes, elles sont plus que jamais d’actualité.





Scénario : Robert Venditti - Dessins : Mike Huddleston - Editeur : Urban Comics 
Collection : Urban Indies  - Récit complet.



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