Suicide Island : le sens de l’existence

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Rattrapage de lecture avec les tomes 2 à 7 de l’excellente série Suicide Island, publiée chez Kaze Manga, dont j’avais beaucoup aimé le premier tome qui était déjà fort ambitieux et prometteur. Petit rappel du pitch : Le gouvernement japonais a décidé d’exiler sur une île les suicidaires récidivistes et de les effacer complètement de la civilisation. Nous suivons un groupe de jeunes gens fraichement débarqués et découvrons comment ils vont faire face à leur nouvelle condition.

Si vous n’avez pas encore lu la série, cet article ne comporte pas de réels spoils sur l’histoire, j’y décris surtout les différents grands thèmes abordés. Toutefois, si vous voulez vraiment garder intacte la découverte, ne lisez pas ce qui suit ;)

La survie


De façon plutôt paradoxale pour des suicidaires récidivistes, la survie est au centre de leur nouvelle existence sur l’île. Il va falloir s’organiser pour trouver à manger, apprendre à vivre ensemble, tenter de retrouver goût à la vie, affronter la nature mais aussi la bêtise humaine. C’est dans ces conditions extrêmes que chacun va révéler son vrai visage, se battre, abandonner ou au contraire tenter de tirer profit de la situation.

Les humains entre eux


Forcément quand on réunit des humains entre eux, il en découle des débordements et, malheureusement, un peu moins souvent de belles choses. Alors quand en plus on est en présence de personnages qui n’ont plus goût en leur propre vie, ni  de respect pour celle des autres, cela se complique. Les abus de faiblesse sont nombreux, que ce soit par le biais de l’intimidation, de la manipulation ou de la violence. Les plus tyranniques sortiront évidemment du lot et chercheront à tirer profit de chaque situation. Il sera également question de faire justice mais aussi et surtout d’apprendre à assumer ses actes…

Dans ce monde qui n’a pas de loi, certains hommes retrouvent leurs instincts les plus primaires et certaines de leurs premières cibles seront les femmes dont ils vont tenter d’abuser. La condition des femmes sur l’île est assez compliquée, plus fragiles et sans protection, elles craignent un prédateur qui n’a rien à perdre. Mais certaines arriveront à tirer leur épingle de ce jeu…

Comme dans toute société les personnages les plus charismatiques ou égocentriques prendront naturellement la place de leader, même si certaines personnalités un peu plus discrètes se dévoileront en réalité d’une utilité et efficacité surprenante. Retrouvés obligés de faire face à eux-mêmes, de s’affirmer pour survivre ou simplement se rendre utile, les complexes se mettent petit à petit de côté et laisse apparaitre le vrai visage de chacun. Ce qui apporte de nombreux passages lors desquels nos survivants devront apprendre à comprendre l’autre afin de créer une vraie communauté.

La chasse et la pêche



Très rapidement des solutions pour trouver de la nourriture se mettent en place. Les moments de traque et de chasse peuvent sembler un peu longs et fastidieux lors de la lecture, mais avec le recul on se rend compte que ce rythme est nécessaire pour instaurer l’ambiance de la montagne et les ressentis des personnages. De plus ces pages sont en général très instructives, l’auteur n’hésitant pas à expliquer beaucoup de choses à renfort d’illustrations, comme le fumage de la viande, la salaison ou encore les différents arcs et leurs usages selon les pays.

Les parties de pêches sont beaucoup plus agréables et nous feraient presque oublier que nos personnages ne sont pas en vacances. Il y a la pêche à la ligne, au harpon, au filet… et comme pour la chasse Kouji Mori nous en explique quelques caractéristiques. 

Ces moments lors desquels les hommes se confrontent à la nature pour survivre offrent de vraies réflexions écologiques, sur la place de l’humain dans l’écosystème, le rapport à la nature et tout ce qu’elle a à offrir.

La valeur de la vie



Ce rapprochement avec la nature et les animaux va aider ces cas qui se pensaient désespérés à retrouver leur humanité. Le fait de se retrouver face à soit même hors du système, obligé de coopérer ensemble pour survivre force une ouverture aux autres que beaucoup n’avaient jamais envisagé ni même expérimenté lors de « leur vie précédente ». De tout cela naitra l’espoir, l’amitié, l’amour, tout un tas de sentiments enfouis ou inconnus qui avaient fini par provoquer chez les résidents de l’île l’envie de mettre fin à leurs jours.

Nous ne savons toujours pas quel est le véritable but du gouvernement qui exile ces personnes dans ces conditions. Mais s’il avait fallu trouver un moyen de leur faire comprendre la valeur de la vie, il n’y aurait peut-être pas eu meilleure façon de s’y prendre…


La fin du tome 7 amène de nouveaux rebondissements et notre groupe est loin d’être au bout de ses peines. La violence étant pratiquement obligatoire (on se souviendra par exemple de « Sa majesté des Mouches »), le plus dur reste certainement à venir.



Scénario & Dessins : Kouji Mori - Editeur : Kaze Manga - Série en cours - 7 tomes. 
JISATSUOU © 2009 by Kouji MORI / Hakusensha, Inc.



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