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31.7.09

La BD sans encre ni papier ou peut on décemment dématérialiser la BD ?


J'en entends déjà certain hurler au scandale.

Oui moi aussi j'aurai hurlé et hurle parfois encore à l'énoncé de cette interrogation. De par ma formation et mon (ancien?) métier je viens de l'imprimerie. Autant vous dire que pour moi, l'odeur de l'encre, du papier (de la colle... je plaisante, quoique...) sont des parfums familiers et précieux. Rien de tel qu'un livre neuf, fraîchement imprimé et l'agréable senteur qu'il dégage (à part les Monster éditions de Marvel dont je trouve l'odeur immonde...). Alors voilà, me priver de cela, c'est comme admirer une superbe rose mais n'en relever aucun effluve.

Pire, me priver du contact du papier, de son toucher si doux, du léger craquement que fait la colle quand on ouvre l'ouvrage pour la toute première fois, de ces couvertures sublimées d'un vernis sélectif, de certaines tranches de collections si belles et harmonieuses une fois réunies, c'est me priver de bien des plaisirs.

Mais, parce qu'il y a forcément un mais..., je suis une très grande consommatrice et si je devais acheter toutes les BD que je lis, mon frigo serait bien vide (non l'amour de la lecture et l'eau fraîche ne suffisent pas malheureusement...). De plus, même si un de mes fantasmes ultime serait de consacrer une pièce entière à mes bibliothèques (avec de bons gros fauteuils, de la lumière directe et tamisée, peut être même un aquarium...) je me demande au final si cela ne correspond pas simplement à un besoin compulsif de possession.

Car ces livres si beaux et bien rangés, je n'aime pas les partager. Oui c'est comme ça, je ne prête pas mes BD et seul mon conjoint a le droit d'y toucher. Parce que de mauvaises expériences ont suffi à me convaincre que beaucoup n'ont pas le même respect du livre que moi et que certains me sont revenus dans de piteux états (quand ils revenaient...). Donc tant pis pour le partage, je préfère en offrir et garde jalousement mes ouvrages.

Mais comble du comble, je ne les relis pas tous et sait pertinemment que je n'aurai jamais le temps de relire l'intégralité de ce que je collectionne depuis plus de 25 ans maintenant. Alors pourquoi collectionner ? De plus c'est une passion très onéreuse et comme dit plus haut assouvir ma soif de lecture n'est pas possible pour mon budget. Alors je revends ce que je n'ai pas vraiment adoré, ce que je ne relirais jamais et fait tourner la collection ainsi, privilégiant la qualité à la quantité.

Puis il y a le prêt. Je suis ce qu'on appelle un rat de bibliothèque. Je passe des heures dans ces endroits qui pour moi sont magiques. Quand je me rends à ma médiathèque qui regorge littéralement de mangas et comics en plus des traditionnelles BD européennes je me transforme en petite fille dans un parc d'attraction. Les yeux émerveillés devant toutes ses œuvres qui m'attendent. Bien sûr j'ai parfois le cœur gros de devoir rendre les ouvrages qui m'ont vraiment emballés. Je sais au fond de moi que ce n'est que partie remise et que je les achèterai plus tard.

Vous voyez où je veux en venir ? non ? Et bien voilà, avec le confort qu'offrent maintenant les écrans et la rapidité avec laquelle je peux lire certains titres, je commence à me dire que la lecture numérique peu en fait m'apporter bien des avantages.

Primo cela me permettrait de lire de la nouveauté que je ne peux trouver en prêt étant donné que les achats en bibliothèques ne sont pas aussi réguliers que les parutions. Ensuite cela me donnerait la possibilité de découvrir une œuvre que je n'aurai pas mise en priorité dans ma liste d'achat faute de moyens. Car les BD "vendues" sur internet sont bien moins chers et donc beaucoup plus accessibles.

L'accessibilité justement ! la BD numérique offre l'accès à la version originale de titres qui ne seront peut-être jamais traduits par chez nous. Et puis quand on part en vacances ou déplacements il est quand même beaucoup plus simple de blinder l'eee pc ou le portable que de se balader avec des BD qui très vite pèsent très lourd.

Je passerai rapidement sur le côté écologique de la chose, mais il est pourtant bien présent également.

Cela me rappelle les débats qui avaient parfois lieux lors de l'arrivée du CD. Je connais des personnes qui vous diront qu'ils trouvent un charme indéniable au craquement d'un bon vieux vinyle et que leurs pochettes grand format et cartonnées sont quand même beaucoup plus belles que les jaquettes des boîtiers cristal. Puis il y a eu le mp3 et maintenant tout vient à se dématérialiser. Alors après tout pourquoi pas nos bandes dessinées ?

Les éditeurs commencent à réfléchir sérieusement à mettre en vente en ligne leurs collections et d'autres ont déjà franchi le pas. Cela ne fera pas s'écrouler le commerce de la BD dans son sens propre, pas plus que les gens qui ont maintenant pris l'habitude de lire accoudés aux rayons des librairies. Cela ouvrira peut être la culture à ceux qui habitent dans des endroits où trouver une librairie digne de ce nom, voir un comic shop, est quelque chose de tout à fait impossible. Et puis les collectionneurs seront toujours là pour acheter de quoi emplir leurs étagères, à n'en pas douter.

Alors après tout, pourquoi ne pas s'ouvrir à la modernité ? Si elle respecte les droits d'auteurs (oui le téléchargement illégal c'est le mal ! ) et qu'elle offre un certain confort de lecture je pense que cela tend à se démocratiser.

Et vous ? seriez-vous prêt à franchir le pas ?


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30.7.09

Adaptation théâtrale du Peter Pan de Loisel


Amis nordistes et belges, l'atelier 210 (Bruxelles) m'a communiqué une information qui devrait vous intéresser si vous êtes amateurs du magnifique Peter Pan de Régis Loisel :

Dans le cadre de l’année bruxelloise de la Bande-dessinée, le spectacle Peter Pan qui a ravi plus de 5000 spectateurs lors de sa création à l’Atelier 210, est repris cet été à Tour&Taxis, dans le chapiteau de l’Ecole de Cirque de Bruxelles.




"Comment Peter, un jeune garçon des bas-fonds de Londres s’est-il arrêté de grandir ?

Comment est-il devenu PETER PAN, l’enfant éternel ?
Comment le Capitaine a-t-il hérité de son Crochet ?
Les Indiens sont-ils vraiment des durs à cuire ?"


Adapté de la célèbre bande dessinée de Loisel, ce Peter Pan vous emmène dans un voyage épique au cœur du Monde Imaginaire, qui, le temps d'un soir, devient un monde merveilleux bien réel.


Rendez-vous du 13 août au 5 septembre au Chapiteau de l'Ecole de Cirque :
11, rue Picard 1000 Bruxelles.


Infos et réservations : www.atelier210.be / 02 548 25 80


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X-23 - Target X - 100% Marvel

Laura Kinney aka X-23 est de retour dans cette mini-série qui lui est entièrement consacrée. Après son rôle remarqué dans le graphic Novel NYX, Marvel a décidé de nous éclairer sur son passé plutôt cruel et douloureux. Cette série se déroule donc entre NYX et le moment où X-23 a rejoint l'institut Xavier.

Le comic s'ouvre sur un interrogatoire, ce sont Captain America et Matt Murdock qui questionnent Laura sur ses antécédents d'arme redoutable.

Créée par des chercheurs voulant reproduire un nouveau Wolverine, Laura n'a pas connu d'enfance. Elle a passé ses jeunes années à s'entraîner durement afin d'atteindre la perfection de celui dont elle détient les gènes.

Puis, afin de la rendre docile est malléable, on l'a conditionné à réagir à l'odeur d'un composant chimique la mettant sous une sorte d'hypnose et déclenchant des pulsions meurtrières. Les scientifiques vont même jusqu'à créer un bourreau sur mesure qu'elle ne peut tuer, résistant aux griffes d'adamantium et qui se charge de la punir en cas de mauvais résultats.

Mais X-23 réussit à s'enfuir de ce complexe secret et dans l'évasion tue involontairement sa mère qui malheureusement porte un extrait de déclencheur chimique sur elle...

X-23 est vraiment un personnage intriguant. Assez rapidement l'empathie nous gagne et on suit avec crainte les tourments de cette mutante au look gothique lâchée dans la nature. Son parcours est jonché de cadavres, elle ne se maîtrise pas lors de ses massacres et cela fait d'elle une victime tout à fait touchante.

La narration de Craig Kyle et Chris Yost (auteurs de New X-Men) est intelligemment construite. Au fil des questions de Rogers et Murdock nous remontons le passé de Laura et revivons les événements qui vont inéluctablement l'amener devant nos deux héros.

Les dessins de Mike Choi sont somptueux et d'une grande finesse. Comme tout bon dessinateur travaillant sur Witchblade, Mike possède un certain talent pour illustrer les demoiselles. Le traitement réservé aux hommes sur le début de la série est un peu déroutant, les adultes paraissent tous très jeunes, au point que l'on a l'impression d'être devant un Captain America version ado. Mais cela s'améliore par la suite et les personnages retrouvent toute leur maturité.

Un bon 100% marvel pour ceux qui veulent en savoir plus sur la jeune fille griffue et ses origines en complément du Marvel Deluxe NYX sorti récemment.




Scénario : Craig Kyle et Chris Yost - Dessins : Mike Choi
Editeur : Panini Comics - Collection 100% Marvel


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28.7.09

Dans mon open space - James

L' entreprise moderne, le management à l'américaine, le rôle ingrat de stagiaire coincé entre la photocopieuse et la machine à café, le cinquantenaire mis au placard en attendant sa retraite... ce n'est qu'une infime partie des aspects qu'aborde cette BD aux graphismes animaliers.

Un gag par planche, quelques bonnes idées mais beaucoup de réchauffé. Certaines blagues marchent à tous les coups et font sourire mais c'est vraiment le manque d'originalité qui pêche dans cet album aux dessins pourtant très sympathiques. Le sujet n'est pas nouveau et James peine à le renouveler.

J'aurai aimé une critique plus acerbe de ce sujet qui offre pourtant pas mal de ressources. Les cas évoqués sont trop gentils et caricaturaux. Le départ laisse pourtant espérer de l'humour ravageur, mais le rythme s'essouffle bien trop vite.

Le thème m'enthousiasmait et le style graphique est vraiment agréable. On passe malgré tout un bon moment, mais il ne sera vraiment pas inoubliable. Dommage.

Surtout que James à un talent certain. Ne nous arrêtons pas à ce premier avis, le monsieur possède un blog, bien plus représentatif de ses capacités. Le ton y est beaucoup plus cynique (j'adore la planche sur Muse et certains regards portés sur le monde de la BD).

Je vous laisse juger par vous-même :
Ottoprod inc.


L'auteur a travaillé en collaboration avec Sylvain Ricard au scénario pour son prochain ouvrage "...à la folie" et nous promet une "histoire dure et crue". C'est dit, voilà un album dont il va falloir surveiller la sortie.



Scénario & Dessins : James - Editeur : Dargaud - Collection Poisson Pilote
Série Terminée – 2 tomes.


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27.7.09

Gotham Central - Pris pour cible

Quelques jours avant Noël, le Joker a décidé de rendre fou les policiers du Gotham Central et provoquer la panique au sein de la population. Un sniper a tué trois personnes dont le maire et maintenant il diffuse des images vidéo de certains endroits de la ville avec un compte à rebours. Gotham connaît un exode impressionnant pendant que le GCPD entre en effervescence...

Ce premier album de Gotham Central édité chez Panini a beau porter le numéro un, il n'en comporte pas pour autant les premiers arcs de la série. Ceux-ci avaient été publiés par avant aux éditions Semic en deux volumes : "Dans l'exercice de ses fonctions" et "Pour moitié".

Gotham Central retrace les aventures des policiers de Gotham, la ville fictive où œuvre Batman. Ce n'est donc pas la chauve souris qui est au centre de l'action, mais bien les hommes et les femmes qui risquent leur vie pour protéger les citoyens. James Gordon, l'ami de Batman, a pris sa retraite et le nouveau commissaire n'envisage pas du tout de travailler avec notre héros masqué.

Le casting est composé de nombreux agents et officiers. Sous les ordres du capitaine Maggie Sawyer nous suivons, entre autre, les agents Montoya et Allen. L'effectif du GCPD peu d'ailleurs paraître assez déroutant tant le nombre de protagoniste est large. On s'y perd quelque peu entre les intervenants.

Les dessins de Michael Lark (Daredevil) collent parfaitement au style sombre de l'histoire.
Le scénario de Ed Brubaker (que l'on retrouve également en compagnie de Michael Lark sur Daredevil) et Greg Rucka (Elektra, Whiteout) nous propose ici un bon polar. Fidèle à ses habitudes, le Joker a élaboré un plan bien sadique et la tension est réellement présente. La série nous montre la ville sous un aspect beaucoup plus humain et terre à terre, le combat contre les vilains se faisant par des hommes sans pouvoirs et gadgets avec pour seule arme leur flingue et leur courage.


Mais tout n'est pas tout rose au sein de ses effectifs. La police de Gotham est réputée pour être largement corrompue et les politiques qui dirigent la ville se préoccupent plus de l'image qu'ils donnent aux médias que du sort de leurs concitoyens. Batman fera quand même deux petites apparitions, ne pouvant s'empêcher d'aider les policiers et de faire son enquête de son côté.

La folie du Joker dans un Gotham enneigé et des policiers complètement dépassés font de ce premier opus chez Panini un bon comic pour les amateurs de l'homme chauve souris... et les autres.



Scénario : Ed Brubaker et Greg Rucka- Dessins : Michael Lark - Editeur : Panini Comics
DC Comics- Série Terminée – 3 tomes.


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25.7.09

Voies Off - Nicolas Pothier/Yannick Corboz

Excellent. C'est le premier mot qui vient à l'esprit quand on referme cette BD. Certes ces histoires très courtes n'ont pas toute la même valeur, mais le niveau général est très bon. Un véritable exercice de style.

Avec une dizaine de planches par récit, Nicolas Pothier nous livre du polar sombre et sanglant. Et cela fait mouche. En seulement quelques pages il nous conte plusieurs situations qui vont toutes mener à la mort. Mais à chaque fois de manière originale, inattendue et toujours teinté d'humour noir.

Il installe le suspense et s'amuse à nous embrouiller de sorte qu'il est très difficile de deviner quel sera le résultat final. Qu'adviendra-t-il de ce gars qui attend sa femme en double file, de cet homme éperdument amoureux et dont la maîtresse meurt, de ce faux-monnayeur habile et organisé, de ce parieur invétéré et des six autres personnages qui constituent chacun un chapitre de cet ouvrage ? Une seule chose est sûre c'est qu'en moins de dix pages leur destin sera scellé.

Côté édition cela à l'apparence et le format d'un comic, mais nous tenons pourtant là une production française pur jus. Les dessins de Yannick Corboz sont assez stylés et agréables et bénéficient d'une très jolie colorisation. Ils desservent parfaitement le style sombre et violent des propos.

Une bien bonne BD qui se lit un peu trop rapidement, c'est tellement jouissif qu'arrivé à la fin on en redemande encore ! (sadiques que nous sommes ;o))



Scénario : Nicolas Pothier - Dessins : Yannick Corboz
Editeur : Milan BD - Collection Treize étrange - One shot.


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24.7.09

Planètes - Makoto Yukimura - tomes 3 et 4

Troisième tome de Planètes : Hachimaki a concrétisé son rêve de rejoindre l'équipage du vaisseau qui fera la liaison avec Jupiter. Il s'entraîne avec ses coéquipiers avant le grand départ. Maintenant qu'il a atteint son but il est plus serin, sa détermination qui l'avait tant aidé dans les épreuves de sélection est retombée. Il y est et il fera partie du voyage.

Depuis quelques temps la déprime le gagne. L'objectif enfin accompli n'est plus ce qui emplie son esprit nuits et jours. Il a le temps de penser à sa condition d'homme et a ces mots que lui avait dit Tanabé, la collègue qui le remplace aux côtés de Fee et Yuri.

Elle lui avait parlé d'amour et d'humanité à lui qui était si froid et obstiné. Ces mots qui en ce temps l'effleuraient à peine ont maintenant beaucoup plus de sens. Il prend conscience qu'il va consacrer sept années de sa vie à ce voyage et réfléchis a tout ce que cela implique.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le dernier et plus volumineux de ces quatre tomes ne suivent pas Hachimaki sur Jupiter. Nous le laissons à la fin du troisième tome et ce quatrième apparaît donc plus comme une sorte "d'ajout", du bonus pour ceux qui en voudraient encore en quelque sorte. Nous retrouvons les membres du Toy Box 2, les anciens collègues de Hachimaki qui parcourent toujours l'espace pour le nettoyer de ses débris.

Alors que la menace d'une guerre spatiale est imminente, Fee, Tanabé et Yuri tentent d'intervenir pour réduire les dégâts en pertes humaines et éviter le conflit armé. Le récit principal dans l'espace est entrecoupé de moments de vie sur terre qui permettent d'approfondir la psychologie de nos personnages, en particulier de Fee commandant du petit équipage.

Ce dernier volume est clairement le moins bon des quatre, la série a perdu une partie de son charme et il ne fait que rallonger une histoire qui bénéficiait pourtant d'une très belle conclusion dans le précédent numéro. Quoi qu'il en soit, cela reste tout de même une suite de récits de bonne qualité s'attardant sur le sort de plusieurs personnes en marge de la société et du jugement qui est porté sur eux.

De la profondeur, de l'âme, de la réflexion, de l'humour, le tout sur fond étoilé, de nombreux ingrédients qui font de ces mangas des incontournables dans toute bonne mangathèque.



Scénario & Dessins : Makoto Yukimura - Editeur : Panini Comics
Collection Génération Comics - Série Terminée – 4 tomes.
© by YUKIMURA Makoto / Kodansha

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22.7.09

Planètes - Makoto Yukimura - tomes 1 et 2

Planètes est un petit bijou comme on en voit peu. Il est en plus emballé dans un superbe écrin, les éditions Panini ne faisant pas les choses à la légère pour leur collection "Génération Comics". Certes le prix d'un volume est un peu élevé mais la qualité est largement au rendez-vous.

Le premier tome est une succession de petites histoires qui nous permettent de faire connaissance avec les principaux personnages. Nous sommes en 2074, Hachimaki, Yuri et Fee sont des nettoyeurs de l'espace, ils sont chargés de récupérer les débris polluants qui se trouvent en orbite de la terre ou de la lune.

Makoto Yukimura a réalisé un énorme travail de documentation et nous présente de nombreuses anecdotes et notions comme le Syndrome de Kessler, les soucis d'un fumeur dans l'espace ou les séquelles qu'aurait une personne née sur la lune. Il effectue une analyse poussée des conditions de vie dans l'espace et de leurs répercussions sur l'organisme et le psychisme.

Dans le deuxième volume nous suivons Hachimaki dans son rêve de rejoindre l'équipage d'un vaisseau qui fera la liaison avec Jupiter. Un voyage de sept ans. Seul un entraînement intensif et une volonté à toute épreuve permettront aux candidats d'être sélectionnés. C'est l'objet d'une réflexion sur le rapport entre les astronautes et l'espace. Pour participer à ce genre de projet il faut tout abandonner : famille, amis, amours et planète d'origine, en l'occurrence la terre.

L'espace est grand, silencieux et froid. Le coeur de ces gens prêts à tout pour y consacrer leur vie en est-il de même ?

Très poétiques, écologiques, tristes ou amusants, ses morceaux de vie de nos astronautes font penser par de nombreux aspects aux récits de Jirô Taniguchi. Ces histoires qui poussent à la réflexion et nous touchent intimement.

Le manga ne manque pas d'action pour autant. Assez rapidement nos héros sont confrontés à un groupe de terroristes "Les protecteurs de l'espace" qui tentent de mettre fin à la conquête spatiale et au pillage des ressources naturelles des planètes du système solaire.

A la base je n'aime pas trop les histoires spatiales, je préfère largement notre petite terre bleue qui, malgré tout le mal que nous lui faisons, nous offre chaque jour sa beauté et ses bienfaits. Mais "Planètes" fait exception. Parce qu'il soulève des questions qui sûrement se poseront un jour et certaines qui se posent déjà. Sur la place de l'homme dans ce monde, ses droits et devoirs.

Deux très bons premiers tomes, assurément.


> Planètes tome 3 et 4


Scénario & Dessins : Makoto Yukimura - Editeur : Panini Comics
Collection Génération Comics - Série Terminée – 4 tomes.

© by YUKIMURA Makoto / Kodansha

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20.7.09

Guide Secret Invasion


C'est le gros crossover Marvel de 2009. Après House of M, Civil War ou encore World War Hulk cette année c'est à une invasion de skrulls, des extraterrestres métamorphes, que nos super-héros ont affaire. N'importe qui peu donc être un ennemi potentiel, les Nouveaux Vengeurs le découvrent le jour où Elktra, morte en combat, se révèle en fait être un de ces envahisseurs (Marvel Icons 35).

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19.7.09

Green Arrow - La genèse

Oliver Queen est un play-boy en manque de sensations fortes. Sa fortune fait de lui un homme puissant et devrait le combler. Mais il lui manque quelque chose, il ne sait pas quoi, mais il cherche. Les émotions que lui procurent le base-jump, les avions de chasse ou les explorations sous marines ne sont que des bouffées d'adrénaline qui ne lui suffisent pas.

Il cherche également refuge en taquinant la bouteille. Un soir, ivre à une oeuvre de charité où il dépense 100 000 dollars pour l'arc de la doublure d'Errol Flynn, il se ridiculise devant la foule outrée de ses propos insolents et son comportement désinvolte. Il en ressort honteux et n'a plus qu'une envie : partir, oublier et surtout se faire oublier.

Il profite d'une expédition en mer que doit faire son ami et employé Hackett pour se joindre à lui et fuir dans l'immensité de l'océan. Il n'aurait pas dû être de ce voyage. Hackett est là pour réaliser une opération dont Oliver ne devaient pas être informé, l'ami si sincère l'a doublé et tente de le tuer. Il passe par-dessus bord et est laissé pour mort.

Échoué sur une île abandonnée, il redécouvre sa passion d'enfant pour le tir à l'arc et ses aptitudes de boy scout. Il survit se nourrissant de sa chasse. Il revit, redécouvrant certains plaisirs simples de la vie. Il prend conscience de certaines valeurs qu'il avait oublié. Sa quiétude ne durera que quelques mois, avant qu'il ne découvre que l'île cache en fait un énorme trafic de pavot. Quand les trafiquants refont surface, il constate que Hackett est parmi eux. L'heure de sa vengeance est venue...

Ces origines de Green Arrow remaniées par Andy Diggle sont réellement savoureuses. Le personnage de départ, limite antipathique, paumé et extravagant qui se retrouve seul face à la nature et surtout face à lui-même offre une introspection bien construite. Le bonhomme se compose une nouvelle identité, largement inspirée de Robin des bois, offrant des séquences sympathiques comme l'originalité dans l'utilisation de ses flèches. Il possède en plus une bonne répartie, ce qui ne gâche rien.

Les dessins de Jock (Mark Simpson) sont matures et mis en page de façon très dynamique. Ils bénéficient en plus d'une colorisation très agréable qui reflète bien les ambiances de la jungle ensoleillée.

Des origines puisées dans la souffrance, la remise en question et la rédemption, qui font de cette genèse un très bon moment de lecture et donne vraiment envie d'en découvrir davantage. Dommage que le personnage soit souvent dans l'ombre de héros de plus grosse envergure, il a la personnalité et la prestance d'un premier rôle.



Scénario : Andy Diggle - Dessins : Jock - Editeur : Panini Comics - DC Comics


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Info Blog #1


Bonjour ou bonsoir !

Un petit mot rapide, pour vous présenter la nouvelle apparence du blog qui a subi un petit relooking. Rien de bien lourd, juste un bon coup d'aération, je commençais à me sentir à l'étroit avec l'autre interface (et comme j'ai des tendances claustrophobe...).

Donc voilà, c'est blanc avec toujours une pointe d'orange pour dynamiser le tout, normalement cela devrait vous permettre une lecture plus confortable :o)

J'ai ajouté également des sortes de "boutons" pour les dossiers qui mine de rien font leur petit chemin tout seuls et rencontrent un bon succès. Un petit coin pour les coups de cœurs aussi, dans les menus sur la droite.

Mais l'heure n'est pas encore aux bilans, le blog est encore trop jeune. Sachez juste que vous êtes de plus en plus nombreux à passer par ici, et, encore mieux, à revenir ! Merci donc pour l'attention que vous portez à mes modestes résumés de lecture.

J'en profite pour vous rappeler que vous pouvez toujours vous inscrire au flux rss via le bouton orange en haut à droite et/ou à la newsletter ( dans l'encart siitué a droite) pour suivre les nouvelles publications au fur et à mesure.

Au sujet des lectures, le temps m'a fait défaut dernièrement et la pile augmente de jour en jour... De quoi faire donc, je suis loin de manquer de contenu !

Par rapport à la nouvelle interface du blog, si vous remarquez des bugs ou anomalies n'hésitez pas à m'en faire part !

CYA !

Ginie


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16.7.09

Mais qui est Green Lantern ?

La nouvelle est tombée il y a quelques jours, nous savons désormais que c'est Ryan Reynolds qui interprétera Green Lantern dans l'adaptation cinéma (oui, oui le même Ryan Reynolds qui incarne Deadpool dans "X-Men Origins: Wolverine").

Mais qui est donc Green Lantern ?

Il s'agit d'une série de chez DC Comics (le grand rival américain de Marvel, écurie de Batman, Superman et Flash entre autres). Le Green Lantern Corps est une police inter galactique surveillée par les Gardiens de l'Univers. Chacun de ses officiers possède un anneau de pouvoir et une lanterne.

Le plus connu d'entre eux, et celui qui sera certainement la tête d'affiche de cette adaptation, est Hal Jordan dont on peut suivre les aventures en kiosque dans DC Universe (depuis l'épisode "Green Lantern Rebirth" DC Universe n°5). A noter qu'il est un membre de La Ligue des justiciers d'Amérique (JLA).

Il tire donc ses pouvoirs de son anneau qui lui a été transmit par Abin Sur un alien agent des Green Lantern. L'anneau fait de ce pilote d'essai un nouveau protecteur et lui confère le pouvoir de créer à peu près tout ce qu'il est en mesure d'imaginer.

Il est souvent accompagné de Green Arrow, un archer justicier très largement inspiré de Robin des bois.

Toute l'histoire menant à la passation de l'anneau à Hal Jordan est détaillée dans la maxi-série "La nouvelle frontière" de Darwyn Cooke.

Les origines de Green Arrow quant à elles nous sont présentées dans la "Genèse de Green Arrow" par Andy Diggle et Jock.


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DC Heroes : La nouvelle frontière

Durant l'âge d'or, ils ont combattu pour leur patrie lors de la seconde guerre mondiale. Superman, Batman, Wonder Woman mais aussi Green Lantern (Alan Scott), Flash (Jay Garrick), Wildcat et tous ses héros de la Société de Justice d'Amérique.

Puis, en pleine période du Maccarthysme, le gouvernement américain décida de leur demander de s'enregistrer auprès du FBI avec l'aval du congrès sous peine d'être considérés comme des traîtres. Nombreux sont ceux qui refusèrent et continuèrent à oeuvrer dans l'ombre leur combat contre le crime. D'autres annoncèrent leur retraite. Superman et Wonder Woman font partie de la poignée de super-héros à avoir accepté la requête du congrès.

Cette maxi-série nous dévoile ce qui s'est passé entre la fin de l'âge d'or et le début de l'âge d'argent.

1945. Une unité de l'O.S.S. baptisée "les Losers" est dépêchée sur une île du Pacifique pour tenter d'y secourir un convoi militaire qui escortait un scientifique. Ils y feront de bien curieuses et effrayantes rencontres et se comporteront en héros.

Le 27 juillet 1953, alors que l'armistice vient d'être signée pour déclarer la fin de la guerre de Corée, un jeune pilote téméraire, Hal Jordan, est touché en plein vol. Par chance il survit et est sauvé de justesse par un hélicoptère de journaliste dans lequel se trouvait Lois Lane.

A la même période un alien débarqué bien malgré lui sur notre planète et possédant des capacités polymorphes s'installe à Gotham City. Il étudie la vie sur terre grâce à la télévision et décide de se ranger du côté du bien et de devenir l'inspecteur John Jones.

En 1956 la foudre frappe le commissariat de Central City. Barry Allen membre de la police scientifique en ressort indemne et pourvu de pouvoirs surhumains : il devient Flash.

Plus tard, Un match de boxe a lieu à Las Vegas opposant Ted Grant alias Wildcat a Clay. Dans le public et la soirée qui suit on rencontre de nombreux personnages majeurs tels que Selina Kyle (Catwoman), Dinah Laurel Lance (Black Canary), Oliver Queen (Green Arrow) et Bruce Wayne (Batman). Hal Jordan participe également à cette soirée qui est interrompue par une attaque de Capitaine Cold, un super vilain qui n'auraient pas dû s'en prendre à la femme de Flash...

Ce premier tome n'est que l'introduction de Hal Jordan et Barry Allen qui succéderont respectivement aux Green Lantern et Flash premiers du nom. D'un abord peut être un peu difficile pour le nouveau lecteur, ces aventures ont l'avantage de replacer les choses dans leur contexte historique aux côtés des héros plus populaires tels que Superman ou Batman.

C'est donc un très bon moyen pour commencer à appréhender l'univers complexe des comics DC et se familiariser avec les principaux protagonistes moins connus par chez nous.

A noter qu'un film d'animation basé sur cette série est sortie directement en dvd en 2008 sous le nom de "Justice League: The New Frontier".



Scénario & dessin : Darwyn Cooke - Editeur : Panini Comics
DC Comics - Série Terminée – 3 tomes.

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15.7.09

Seuls - Gazzotti/Vehlmann

Un matin en se réveillant, Dodji jeune homme orphelin, découvre que la ville où il habite est déserte. Il s'effondre en larme se demandant ce qu'il va devenir quand le destin met sur son chemin deux autres enfants : Leïla, une jeune fille bricoleuse et dégourdie et Terry un petit garçon turbulent. Ils rencontrent ensuite Camille, élève sage et studieuse et Yvan, qui lui est plutôt froussard.

Ils sont bien obligés de se rendre à l'évidence, à part eux cinq, la ville est abandonnée et toutes les sources de communications coupées. Mais surtout ils ne sont que des enfants, où ont bien pu disparaître les adultes ?

C'est sur cette intrigue que débute donc cette très bonne série. Il va tout d'abord falloir survivre et s'organiser pour se défendre et se protéger. Des animaux sauvages sortis d'on ne sait où rôdent dans la ville...

Mais ce n'est pas le seul danger auquel les jeunes seront confrontés. Avec pour trame de fond la disparition de la majeure partie de la population, la série exploite à chaque nouvel album un nouveau problème. Rencontre avec un tueur, découverte d'un camp avec d'autres enfants, animaux méchants, chacun des tomes est une histoire complète qui nous fait avancer très lentement vers des réponses.

Mais cela ne manque pas d'intérêt pour autant. Nos jeunes amis sont très matures et débrouillards. Ils font preuve de beaucoup d'inventivité, d'intelligence et de courage. Au commencement leur aventure leur apparaît même presque comme un jeu : baignade dans la fontaine municipale, construction d'abris, occasion de conduire une voiture et libre service dans les magasins de jouets, ils n'hésitent pas à profiter de la situation.

On retrouve sur cette série le duo Vehlmann/Gazzotti qui avaient déjà œuvré ensemble pour le one-shot de science-fiction "Des lendemains sans nuage".

Les dessins signés Bruno Gazzotti sont aussi bons qu'à son habitude. C'est avec plaisir que je retrouve ce dessinateur dont j'adore le travail sur la série SODA.
Alliant scènes d'action et de suspense et anecdotes amusantes le scénario de Fabien Vehlmann est aussi une réussite. Apparemment il sait clairement où il veut nous mener et, à l'instar d'une bonne série TV, il distille les indices au compte goutte.

Contrairement à ce que le premier aperçu de la série pourrait laisser croire, cette BD est aussi bien pour les jeunes que pour les adultes avec une double lecture très bien exploitée. A noter tout de même certaines scènes un peu dures et cruelles, l'album a pourtant reçu le prix jeunesse à Angoulème et le prix des lecteurs du journal de Mickey, mais je ne le mettrai pas entre les mains des plus petits malgré tout.

Le tome quatre qui vient de paraître se termine par un cliffhanger assez inquiétant, cela va être difficile d'attendre la suite !

Pour information le numéro 1 est actuellement au prix découverte de 5€, une très bonne initiative de la part de Dupuis pour faire découvrir cette série aux nouveaux lecteurs.



> Chroniques des autres tomes


Scénario : Fabien Vehlmann - Dessins : Bruno Gazzotti
Editeur : Dupuis - Série en cours – 4 tomes.


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13.7.09

London Calling - Sylvain Runberg/Phicil

Début des années 90. Thibault a un souvenir extraordinaire de son année Erasmus passée à Londres. De retour en France, il réussit à convaincre son pote Alex de quitter Marseille pour aller vivre de l'autre côté de la Manche. Ils partent donc avec pleins de rêves en tête et une sacrée envie de musique rock authentique.

Ils s'aperçoivent rapidement que partir à l'aventure n'a pas que des avantages. Croyants pouvoir se faire héberger par des amis, Thibault et Alex finissent en fait par devoir trouver un squat. Et ils ne sont qu'au début de leurs désillusions.

Une BD reprenant le titre de l'album culte des Clash ne peut présager que du bon. On suit Thibault et Alex dans leurs galères au fil de petites anecdotes qui oscillent entre le drôle et le limite glauque. Le ton est donné, au delà de la simple tranche de vie, Sylvain Runberg nous propose ici une analyse sociale, culturelle et politique.

Très vite le portrait de cette Angleterre idéalisée au départ par nos deux personnages est brossé d'une façon très réaliste qui remet les pieds sur terre. Sur fond de rock mais aussi de drogue, de hooligans, d'IRA et de problèmes pour se trouver du travail et un logement, nous sommes loin du paradis espéré. Malgré cela, quelques passages drôles ou sympathiques viennent éviter à la série de sombrer dans la morosité.

Les dessins de Phicil sont simples et servent bien le récit. Le seul petit défaut que je pourrais donner à ses personnage est que nombreux des hommes qu'il illustre n'ont rien à envier à Emmanuel Chain pour ce qui est des sourcils ;o)
Les couleurs sont bien faites, souvent dans des tons sépia qui relèvent l'esprit sordide de certaines situations.

Les albums se terminent par deux planches mettant en scène les deux auteurs, lors d'un premier briefing et a l'occasion d'une discussion avec leur éditeur. Une façon concise d'expliquer le message qu'ils cherchent à faire passer au travers de cette histoire.



Scénario : Sylvain Runberg - Dessins : Phicil
Editeur : Futuropolis - Série en cours – 2 tomes.

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12.7.09

Soda - Lettres à Satan - tome 2


Deuxième volume des aventures de SODA. Un tome un peu particulier puisqu'il ne nous raconte pas une histoire de flic, mais plutôt ce qui a bien pu motiver SODA à en devenir un.


Flashback huit ans plus tôt, nous découvrons David Solomon fraîchement débarqué à New York, en pleine désillusion, découvrant la dure loi de la grande ville. Il se fait voler toute ses économies par des voyous, harceler par sa propriétaire acariâtre et déranger constamment par un voisin Irlandais alcoolique.

Alors que l'argent commence à faire cruellement défaut, une proposition vient frapper à sa porte. Un autre de ses voisins, romancier de son état, lui suggère de devenir son nègre en écrivant pour lui du polar bas de gamme, un boulot alimentaire en somme...

Ce volume permet d'éclairer habilement le passé de notre personnage quant à certains points qui n'avaient pas été évoqués dans le premier opus. On retrouve SODA à l'époque où il avait encore tous ses doigts et ne portait pas encore de gant à la main gauche. On imagine même à un moment que peut-être allons-nous savoir dans quelles circonstances il a été ainsi mutilé.

Le récit est très bien tourné, nombreux sont les seconds rôles et ils sont tous très bien définis. Les voisins de SODA ont tous de la personnalité et leurs implications dans l'histoire sont bien menées. Et puis il y a cette fameuse machine à écrire qui dégouline de sang sur la couverture, de quoi présager des mots qui provoquent des morts...

D'une carrière d'écrivain moyen à celle de flic, SODA ne sera pas passé loin. Mais pour nous, je pense que cela n'est pas plus mal ;o)





Sénario : Philippe Tome - Dessins : Luc Warnant
Editeur : Dupuis - Collection Repérages Dupuis - Série en cours - 12 tomes.


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10.7.09

White Tiger - 100% Marvel

Angela Del Toro est une ex-agent du FBI. Elle a hérité de son oncle Hector, alias le Tigre Blanc, des amulettes mystiques qui lui procurent des super pouvoirs tels que l'augmentation de sa force, de sa résistance, de ses réflexes et de son agilité.

Habituée à combattre le crime c'est tout naturellement qu'elle reprend le flambeau familiale. Sa vocation lui a aussi été transmise par un certain Matt Murdock qui est actuellement sous les verrous.


Il va donc falloir se faire un nom en tant que super héroïne et Angela a de quoi faire, à peine a-t-elle endossé le costume qu'une affaire de trafic de faux papiers attire son attention. De quoi aiguiser ses griffes et peut-être même venger son ancien partenaire mort assassiné lors de l'enquête sur l'affaire de l'identité de Daredevil.

Nous découvrons ainsi les premiers pas de cette apprentie héroïne. L'histoire se situe entre House of M et Civil War, on commence tout juste à parler de recensement. Les rencontres et alliances sont nombreuses, entre la Veuve Noire, Iron Fist, Luke Cage, Spider-man et un inconnu qui a repris le costume du diable rouge, notre tigresse ne manque pas de relations. Côté vilains White tiger devra se frotter à Cobra et au Lézard en plus de l'organisation japonaise.

Mais je n'ai pas trouvé cette histoire très passionnante. Le scénario de Tamora Pierce est assez linéaire et manque de rebondissements. Peut être est-ce l'absence de répartie de la demoiselle qui a manqué pour me convaincre. Ses pouvoirs ne sont pas non plus très originaux et nous avons juste droit à des scènes de baston plutôt classiques. Certes il y a de l'action, mais dans le genre "copine de Daredevil" je préfère largement Echo qui a bien plus de personnalité qu'Angela.

En parlant d'Echo, c'est d'ailleurs David Mack qui a réalisé les couvertures des six numéros de cette mini série. Les dessins signés Phil Briones sont modernes et dynamique, de ce côté pas de problème. C'est joli et agréable.

Un 100% Marvel à conseiller à ceux qui veulent approfondir leurs connaissances des personnages gravitant autour de Daredevil, mais qui sinon n'est pas vraiment indispensable.



Scénario : Tamora Pierce - Dessins : Phil Briones
Editeur : Panini Comics - Collection 100% Marvel.

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8.7.09

Blackjack - Steve Cuzor

New York, Brooklyn, 1929, la prohibition. Alors qu'ils étaient en plein cambriolage d'une boutique, Alfonso, Vitto, Grenouille et Peanuts, quatre gamins aventureux, se font surprendre par le propriétaire. Ils lui promettent de le rembourser et lui raconte qu'ils travaillent pour le compte de Toto Moreno, le caïd du quartier afin qu'il les laisse partir.

Seulement voilà, qui dit remboursement suppose de trouver de l'argent. Et dans le quartier de Blue Bell où règne la misère et où l'emploi se fait rare, pour se procurer une telle somme, le seul vers qui ils peuvent se tourner est justement Moreno et son gang de mafieux en relations avec le célèbre Al Capone.


Le récit se situe dans le contexte historique. L'Amérique est en pleine crise économique et dans les quartiers seuls les gangs tirent leur épingle du jeu.

Capone vient d'organiser le massacre de la Saint-Valentin dans le but d'éliminer son ennemi Bugs Moran et il est accusé de fraude fiscale. Il demande alors à un ami d'enfance, Toto Moreno, de garder en lieu sûr l'argent qui le sortira peut être de ce pétrin. C'est sans compter sur les quatre garçons qui s'immiscent dans cette affaire un peu contre leur gré. Steve Cuzor ré-interprète donc l'histoire à sa façon, le scénario est bien mené et la fin assez surprenante.

Le dessin est réaliste et les décors de ce New York de la fin des années vingt sont détaillés et nous immergent dans ce quartier pauvre et désœuvré. L'histoire de ces quatre enfants est touchante. C'est une surenchère de maladresses qui les mènera dans des situations bien trop dures et cruelles pour eux. Mais prêts à tout pour s'en sortir et au nom de leur amitié, ils affronteront le danger au péril de leur vie.

Cette série en quatre tomes a fait l'objet d'une réédition en intégral à format réduit dans la collection "Haute densité" de Casterman (dont je vous avais déjà parlé pour "L'Auberge du bout du monde").

Autant dire qu'à un prix aussi doux, il serait dommage de se priver !




Scénario & Dessins : Steve Cuzor
Editeur : Casterman - Collection Haute Densité- Série Terminée.

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6.7.09

Les formidables aventures de Lapinot - tome 0 - Slaloms - Lewis Trondheim

Lapinot s'en va à la montagne, pour les vacances d'hivers avec ses amis : Richard le chat turbulent, Titi le chien dragueur et Pierrot la souris et intello du petit groupe.

Après un long trajet pendant lequel il aura failli vomir plus d'une fois, notre lapin et ses potes se retrouvent à la station de ski où Richard possède un appartement. A leur arrivée ils constatent que la station est déserte. En effet un loup rôde dans les alentours et a fait fuir tous les skieurs dans les stations avoisinantes.



L'album est curieusement numéroté tome 0. En effet ce volume a été publié à l'origine par les éditions l'Association en noir et blanc. Une fois sortis les trois tomes suivants chez Dargaud, Trondheim décida de le re-dessiner intégralement et le coloriser, afin qu'il corresponde aux nouvelles parutions. D'où la numérotation de ce volume qui se plaça naturellement avant le tome 1... (anecdote qui n'est pas sans rappeler la série des Gaston qui possède également un tome 0 pour des raisons à peu près similaires).

Lapinot est, comme son nom l'indique si bien, un lapin. Créé au début des années 90 par Lewis Trondheim. Il vit différentes aventures au fil des albums, en compagnie de ses amis. Ce premier tome est aussi l'occasion de rencontrer Nadia qui par la suite deviendra la petite amie de notre héros (si l'on peut qualifier Lapinot ainsi...). Certaines de ces histoires se déroulent dans "la vie réelle" et ont une légère continuité, tandis que d'autres albums sont complètement hors du temps et proposent des histoires dans des circonstances particulières (western, fantastique, parodie etc...)

Slaloms ou une histoire de vacances d'hiver classique entre potes : Richard ne pense qu'à skier, Titi à aller draguer en boite de nuit, Pierrot lui veut se reposer et Lapinot... suit ses amis... Le personnage le plus intéressant de cette série n'est d'ailleurs pas le lapin mais plutôt son pote Richard, le chat espiègle et farceur.

L'album a reçu le Prix du festival de la bd d’Angoulême catégorie coup de coeur en 1994. Il a amené un style tout à fait nouveau dans la bande dessinée avec son graphisme original. La force des BD de Trondheim ne réside pas dans son dessin. Bien que celui-ci soit loin d'être désagréable, il est assez simpliste ce qui a l'avantage de mieux mettre en avant les textes et dialogues parsemés de réflexions philosophique et d'humour.

Cet album n'est pas mon préféré des aventures du buveur de jus de carotte, certainement parce que le ski n'est pas une activité que j'affectionne particulièrement. Quelques scènes m'ont quand même décroché un sourire, en particulier lors de l'achat du matériel de ski, mais je trouve les tomes suivants largement supérieurs en qualité de scénario et de dialogues. A part peut être une réflexion très mature et soudaine de Richard sur la tricherie, ces vacances d'hiver ne proposent pas de lecture sur plusieurs niveaux comme peuvent le faire les autres albums de la série.

Malgré tout il offre un bon moment de lecture et rappellera peut être quelques souvenirs aux accros des pistes enneigées.



Scénario & Dessins : Lewis Trondheim
Editeur : Dargaud - Collection Poisson Pilote - 10 tomes.

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4.7.09

Et vous, vous consommez comment vos BD ?

Il y a plusieurs sortes de lecteurs de bandes dessinées. Forcément cela se découpe entre ceux qui ne lisent que la production Européenne ou du manga, ou du comic. Ensuite il y a aussi les accros aux bulles qui lisent deux de ces genres sur trois, voir les trois. Mais au-delà des genres, il y a les habitudes de consommation.

Certains n'ont aucunement l'âme d'un collectionneur et lisent accoudés dans les magasins ou empruntent à la bibliothèque. D'autres au contraire achètent à tour de bras, mais ne lisent même plus forcément ce qu'ils ont acheté faute de temps, mais cela fait joli dans la bibliothèque et ils les ont ainsi pour plus tard...

Il y a ceux aussi qui une fois le premier tome d'une série découvert, se ruent sur la suite et rattrapent le retard d'un coup (ouch la carte bancaire...). Il y a les fouineurs de braderies et magasins d'occasion. Ceux qui écument les festivals à la recherche d'éditions originales.

Il y a les persévérants, avec leur petite liste de numéros de Spirou magazine/Fluide Glacial/Strange/Spider-man (remplacez par tout autre magazine kiosque...) à la recherche des numéros manquants et pour qui l'internet est une bénédiction. L'achat online a aussi rendu beaucoup plus accessible les éditions en version originales.

Internet ! Une révolution pour le collectionneur qui a maintenant accès à des bases de données et critiques divers et variées pour s'y retrouver. Tristes seront ceux qui avaient l'habitude de faire "des affaires" en achetant par lot sur Ebay, quand le géant de l'enchère va cesser l'activité qui l'a popularisé pour se tourner vers un commerce plus direct, style Amazon ou PriceMinister. Il y a aussi les spéculateurs, qui n'achètent pas par passion mais plutôt en espérant un jour que leurs acquisitions prennent de la valeur et leur permettent de s'enrichir...

Nombre d'éditeurs commencent à se tourner maintenant soit vers de la vente online en direct, soit sur de la BD numérique, à télécharger et lire directement sur l'écran de l'ordinateur ou sur les ebook qui devraient finir par se démocratiser. Même si rien ne remplacera jamais l'odeur de l'encre et du papier d'un livre fraîchement imprimé.

J'oublie peut être certainement certains modes de consommation. Je me retrouve dans pas mal d'entre eux, la BD étant ma passion depuis toujours je suis passée par nombreuses de ses habitudes afin de satisfaire ma soif de lecture plutôt intensive.

Dans tous les cas, une chose nous unis, c'est que quelle que soit la façon dont nous lisons, nous partageons ces histoires qui nous transportent, nous font rêver ou réfléchir et c'est bien ça le principal. Consommez ! tant que cela vous fait voyager...


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3.7.09

Petites Eclipses - Fane/Jim

Six amis de longue date organisent des vacances dans le sud, quatre jours avant une éclipse.

Un couple très mal en point, un homme fuyant le quotidien de sa vie maritale avec une petite jeune rencontrée sur internet, leur pote homo et marrant de service, et une femme fatale aux relations amoureuses compliquées. Ce sera pour eux l'occasion de revivre des instants de pur délires leur rappelant leur adolescence et souvenirs communs, mais aussi de crever certains abcès et rancunes et se remettre en question.


Je ne connaissais pas cet ouvrage et c'est avant tout la couverture et les dessins qui m'ont attiré. Et puis la collection écritures de Casterman héberge de bons gros volumes de qualité. Et bien c'est pour moi un gros coup de cœur estival !

C'est la BD idéale à emmener dans ses bagages pour partir en vacances et lire sur la plage. Fruit d'une collaboration de Fane (Joe Bar Team) et Jim (connu aussi sous le pseudo de Téhy, scénariste, entre autre, de "Fée et tendres automates") qui ont réalisé cet ouvrage d'une manière un peu particulière. Ils ont en effet partagé leur travail en deux, chacun prenant trois personnages à qui écrire texte et scénario et exécutant les dessins ensemble également. Ils se retrouvaient ainsi, une fois par semaine pour dessiner les planches et faire évoluer cette histoire, un peu comme un jeu.

Le résultat donne une BD originale et savoureuse. Les dessins à l'aspect crayonné ont un charme incroyable. Ils offrent en même temps la simplicité du trait pur, spontané et la perfection d'un coup de crayon parfaitement maîtrisé. Les personnages sont fouillés et ont tous une énorme personnalité qui ne demande qu'à s'exprimer. Les plus complexes se dévoilent dès le début, mais les autres n'en sont pas moins profonds et l'on découvre au final qu'ils ne manquent pas pour autant de tourments.

Alors oui, cela peut bien sûr faire penser à "friends", trois garçons, trois filles, l'amitié qui les unis... mais la comparaison s'arrête ici. Ces amis-là ayant de sacrés squelettes dans leurs placards et un passif bien lourd. Malgré cela certains moment ne sont pourtant pas dénués d'humour (le passage de la guérisseuse est particulièrement jouissif). Les dialogues sont naturels, les amis se parlent comme dans la vie et cela ne manque parfois pas de piquant lors de certaines confrontations.

Une bonne tranche de vie de quelques jours, qui offre pas mal de réflexions sur les trentenaires, ce passage de la vie ou l'on est entré définitivement dans le monde adulte et où se dévoilent les regrets de la jeunesse. Cette période où, pour la première fois, quand on regarde en arrière certains souvenirs pourtant proches ont déjà plus de dix ans que l'on n'a pas vu passer. Cette impression d'être passé à côté de quelque chose qui ne se représentera jamais. La constatation qu'il y a "du temps qui compte, et du temps qui ne compte pas". Que "le temps qui compte" est précieux et que c'est à nous de créer ces moments qui forgent les souvenirs, de ceux que l'on n'oublie pas.



Scénario & Dessins : Fane/Jim
Editeur : Casterman - Collection Ecritures - One-Shot

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Partage de lectures bédéphile Franco-Belge, Comics et Mangas
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