Liar Game - Shinobu Kaitani

. . 3 commentaires:
Un beau jour, Nao reçoit un étrange colis chez elle. Une carte lui indique qu'elle a été désignée pour jouer au Liar Game et que sa participation débutera dès l'ouverture du paquet. De nature terriblement naïve, Nao ouvre l'emballage et découvre abasourdie qu'il contient cent millions de yens en liquide.

Le principe du jeu est simple : il faut réussir à conserver la somme durant trente jours et la restituer en intégralité une fois le délais écoulé. Mais là où cela se complique, c'est qu'une autre personne a également reçu un paquet équivalent et que les deux joueurs ont pour mission de dérober par n'importe quel moyen les cent millions de l'autre.

Le gagnant empochera la somme, le perdant se retrouvera avec une dette du montant de ce qu'il aura perdu. Évidemment la naïveté de Nao la desservira très rapidement et son adversaire n'aura aucun mal à la manipuler. Le seul recourt de Nao sera de faire appel à un escroc de talent afin qu'il l'aide à récupérer l'argent avant la fin du délais imparti. Le jeu du menteur peut débuter et tous les coups sont permis.

Voilà un scénario tout à fait piquant et prometteur. Le concept est mis en place très rapidement et l'on entre dans l'intrigue sans tarder. Pour l'instant deux tomes de cette série sont parus. Le premier nous expose le principe du jeu et une histoire somme toute assez simple. Les rebondissements sont nombreux mais quelque peu prévisibles. Malgré tout la lecture est fluide et plaisante. Il faudra attendre le deuxième tome pour entrer dans un concept bien plus alambiqué.

Même si le scénario reste cohérent, il faut avouer que certaines réflexions sont un peu tirées par les cheveux, notre escroc professionnel faisant preuve d'une intelligence et d'une intuition rare. L'on peut toutefois réussir à réfléchir à ses côtés et deviner quelques voltes faces. Comparé à tort au scénario tortueux d'un Death Note et ses protagonistes machiavéliques, Liar Game n'en propose en réalité qu'une gentille alternative. Sans être désagréable, il manque un petit quelque chose pour que le titre se hisse à la hauteur du succès de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata.

Ce désagrément est peut-être également dû aux dessins de Shinobu Kaitani et en particulier aux représentations des visages de ses personnages. Souvent très exagérés, les expressions donnent un rendu la plupart du temps ridicule et irréaliste. Les proportions sont également assez étranges et les personnages abordent des postures qui manquent de naturel.

Malgré tout Liar Game reste un bon divertissement et son concept promet des moments forts et intelligents pour peu que l'auteur arrive à renouveler suffisamment les règles des différents jeux au fil des tomes. Pas tout à fait convainquant sans pour autant être décevant, le titre possède un bon potentiel. A surveiller…



Scénario & Dessins : Shinobu Kaitani - Editeur : Tonkam - Série en cours - 2 tomes.
LIAR GAME © 2005 by Shinobu Kaitani / SHUEISHA Inc.



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3 commentaires:

  1. Je pense que ce sentiment mitigé provient aussi d'un manque d'intérêt des deux personnages principaux. L'escroc se la joue un peu trop poseur et Nao est trop cruche et inutile pour avoir un tant soit peu d'empathie.

    Par contre, je suis moyennement d'accord avec toi sur le scénario que tu compares à Death Note.

    J'ai aimé le coté réaliste. Contrairement à Death Note, il n'y a pas le phénomène du "j'avais prévu tous les imprévus, et j'ai tout planifié".

    Effectivement en réfléchissant on peut voir venir quelques rebondissements, mais ça renforce le coté crédible.

    J'ai beaucoup apprécié le coté psychologique. Tout est une question de pression psychologique que réellement de plans machiavéliques.

    Voilà pourquoi je ne suis pas d'accord avec "gentille alternative". Je dirai plus que c'est une alternative plus réaliste.

    Personnellement, j'ai bien aimé, même si les persos moyens et les dessins ne valent pas ceux d'Obata.

    Le potentiel est bel et bien là, et j'aime bien cette série. C'est du bon, mais avec une marge de progression importante.

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  2. Ce que j'aimais dans Death Note était le fait d'avoir deux cerveaux qui se faisaient une lutte acharnée. Peut-être qu'il manque dans Liar Game un deuxième concurrent aussi malin que Akiyama afin de lui donner plus de fil à retordre... Parce que là il faut quand même avouer qu'il n'a pas beaucoup de mal à déjouer ses adversaires.

    Le fait que l'on puisse voir venir quelques rebondissements n'est pas un défaut loin de là, c'est un style et j'aime aussi essayer de deviner l'intrigue.

    Je ne jette pas complétement la pierre à Liar Game, je dis bien dans ma conclusion qu'il a du potentiel, mais disons qu'à force de l'entendre être comparé à Death Note je m'attendais à quelque chose de plus "complexe".

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  3. La comparaison avec Death Note est facile puisque les titres jouant sur l'intellect et la psychologie ne sont pas légion. Personnellement, j'ai fait aussi la comparaison avec Duds Hunt pour l'intrigue.

    Effectivement, il manque un vrai rival à Akiyama. Il y en a un "pseudo" dans le tome 2. Parce que tu as raison il lui manque du répondant en face. Mais la logique voudrait que plus on avance plus ça devient "tendu". Et c'est un peu le cas avec le 2ème tome.

    Hâte quand même de lire la suite. Ca change un peu des classiques shônens ou autre seinens à base de combats

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