WE3 - Morrison / Quitely

. . 5 commentaires:
Après Preacher et Superman Red Son, une autre lecture me faisait de l’œil depuis pas mal de temps ; une mini-série scénarisée par Grant Morrison, avec Frank Quitely au dessin, le tout dans un grand format assez inhabituel pour Vertigo, mais ô combien judicieux ! Le titre et la couv’ avaient tout pour intriguer : we3.

Début de l’histoire : un homme court comme un dératé, visiblement pris de panique comme le témoignent ses lacets défaits. Ses hommes de main, eux, se la coule douce, inconscients du danger imminent. En l’espace de quelques secondes, tous sont exécutés. La une du journal nous apprend son nom : Guerrera, dictateur de son état. Ses assassins sont au nombre de trois, ceux-là même qui ornent la couverture de l’album : un chien, un chat et un lapin.

Équipés de leurs exosquelettes, les trois animaux agissent pour le compte d’une unité secrète de l’armée américaine, composée essentiellement de scientifiques. Ceux sont eux qui ont mis au point ce programme baptisé Animal Weapon : un moyen habile pour diminuer les pertes humaines lors de conflits ou de missions dangereuses. De retour à la base, un sénateur annonce aux membres de l’équipe que Guerrera était le dernier à abattre et que les animaux doivent être détruits, déjà dépassés par la nouvelle génération du programme. Mais Roseanne Berry, leur docteur attitré, ne l’entend pas de cette oreille.

Le récit se déroule sur une durée très courte, celle de leur évasion. Grant Morrison fait comme à son habitude preuve d’une grande maîtrise, rendant ses personnages pourtant dénaturés incroyablement vivants. Les paroles des animaux (ils sont équipés d’une interface de dialogue) pourraient être ridicules -comme souvent quand on emploie un langage « robot »-, elles sont au contraire utiles au scénario et touchantes.

Frank Quitely fait lui aussi un parcours sans faute, virtuose et intelligent. Les plans sont variés, dynamiques, et nous plongent au cœur de l’action. Dans ce récit, chaque détail du dessin compte, que ce soit le cadrage sur les personnages humains, souvent caractérisés par un sourire carnassier, comme ce plan où un général masque de sa présence une partie de l’inscription murale « Weapon 3 » pour ne laisser visible que le WE 3.

Ce court récit est un objet étrange, dérangeant. On peut y lire les doutes de Morrison sur le progrès scientifique, à partir du moment où les hommes et les armées le maîtrisent. Ces trois animaux, qui ne s’appellent plus que par un numéro, reprennent grâce à lui leur identité en même temps que leur liberté, ce que Frank Quitely met magnifiquement en images. Une très belle œuvre !



Scénario : Grant Morrison - Dessins : Frank Quitely - Editeur : Panini Comics - Collection Vertigo Graphic Novel - One shot.


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5 commentaires:

  1. Wha ! ça a l'air drôlement bien ! Je prend note en tous cas!

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  2. Attention toutefois a un aspect particulier de l’œuvre : pour les âmes sensibles pour tout ce qui touche aux animaux je conseillerai de feuilleter avant d'acheter.

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  3. Enfin cette bande dessinée traite également de la condition animale. C'est un thème cher à Morrisson, que l'on retrouve notamment dans son "animal man".
    Outre ceci, l'ingéniosité et l'originalité de Quietly se manifeste surtout par le biais d'un découpage des cases hors du commun.

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  4. Marrant, je l'ai lu aussi pendant les vacances, et je prépare une critique écrite (pour changer).

    Jolie coïncidence :)

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  5. @jonas: j'avoue ne jamais avoir lu Animal man, mais visiblement la défense des animaux semble effectivement y occuper une place centrale.

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