C'est pas du Van Gogh mais ça aurait pu...

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Il y a un an paraissait "J’ai pas tué de Gaulle mais ça a bien failli…", récit qui mettait en scène le personnage de Jean-Claude Blanc, petit mécano pris malgré lui dans l’attentat du Petit Clamart. Avec "C’est pas du Van Gogh mais ça aurait pu…", Bruno Heitz propose la suite des aventures de Jean-Claude, cette-fois sur les traces du passé de sa famille. Un polar comme on en voit trop peu.

Après les péripéties du précédent opus, Jean-Claude a trouvé refuge chez sa tante Ninine. L’hiver 62 est particulièrement rude et la cuisinière fonctionne à plein régime. 

Au cours d’une soirée, Ninine évoque avec Jean-Claude ses mémoires, qu’elle rédige depuis des décennies dans des petits cahiers. Mais il comprend rapidement à la lecture entrecoupée de sa tante que les zones d’ombres sont nombreuses. Alors qu’elle lui a fait promettre de brûler ses cahiers quand elle sera morte, Ninine choisit de se charger elle-même de la besogne.

S’en suit une dispute, à la suite de laquelle Ninine révèle à Jean-Claude que son mari Georges a eu une aventure, c’est du moins ce qu’elle suppose, en 1940 au moment de l’exode. Il a passé trois mois à Arles, prétendument sur la tombe de sa mère, là où tous les autres partis avec lui sont revenus au bout d’une semaine. Jean-Claude se décide alors, dès les beaux jours revenus, de se lancer sur les traces de son aïeul et d’éclaircir les évènements de ces trois mois qui pèsent tant à Ninine.

Les citations en début d’ouvrage sont rarement intéressantes, trop clinquantes, trop poseuses. Ici, le choix est judicieux : « Il n’existe pas de correspondance complète de Vincent Van Gogh » (Pascal Bonafoux). Avec ce mot, Bruno Heitz semble nous dire : rien ne s’oppose à la fiction, pourquoi ne pas jouer avec l’histoire, puisqu’après tout elle a pu être autre. Et c’est le véritable plaisir que véhicule ce récit, le plaisir de la fiction.

L’histoire a le goût des polars d’antan qu’on lisait d’une traite. Le rythme est soutenu, les personnages bien pensés et le suspens dosé au plus juste. Le dessin et les couleurs possèdent également un charme un peu suranné. On reconnait par endroits l’hommage à Van Gogh : la nuit étoilée et une chaise dans une chambre reconnaissable entre mille.

Bruno Heitz écrit finement. Derrière une simplicité apparente se glisse un scénario parfaitement rythmé et haletant. Les dessins rendent sa lecture fluide et distillent nombre de détails. En bref, C’est pas du Van Gogh en dit beaucoup plus qu’il n’y paraît, avec intelligence, comme le Roman de Renart cher à son auteur.



Scénario & Dessins : Bruno Heitz - Editeur : Gallimard - Collection Bayou - Récit complet.




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