Le Château des ruisseaux - Bernière/Poincelet

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Récemment paru dans la collection Aire Libre de Dupuis, Le Château des ruisseaux s’annonce comme un récit âpre, entre documentaire et fiction, sur un centre de traitement des addictions. Un sujet maintes fois rebattu ? Peut-être, mais l’approche des auteurs est juste, sans mièvrerie, sans sensationnalisme tapageur non plus.

Le Château des ruisseaux, près de Soissons, abrite un centre de traitement des addictions. Difficile de trouver meilleur endroit qu’un coin de la Picardie pour éviter les tentations… C’est ici qu’atterrit Jean, polytoxicomane et au bord du gouffre. « Fatigué » de sa vie de galères, entre vols et longues périodes de défonce, à son stade deux voies : une forme de suicide ou un travail de rémission.

En arrivant il croise la route de Marie, Julien, Patrice, Frantz et d’autres, tous unis dans un même élan : aucun médicament, des groupes de paroles, l’abstinence et l’entraide. C’est ce programme que les auteurs nous proposent de suivre, à travers les portraits de cette douzaine de patients volontaires, mais également de leurs médecins.

L’addiction est visiblement une thématique forte chez Vincent Bernière, déjà abordée dans les récits Shoot again et Extra Ball (Ed. du Panama). On pressent ici un grand réalisme dans la description des comportements addictifs et leur difficile traitement. Peu de différences entre les produits, poussé à ce stade n’importe quoi rend accro, drogue dure, alcool, sexe.

Vincent Bernière réussit un superbe travail de mise en fiction à travers le personnage de Jean, apportant des éléments biographiques, des bribes d’histoire, mais rien qui ne déborde du thème. C’est de cet équilibre entre fiction et documentaire que l’album tire son intérêt. On se prend à aimer ce groupe bancal, et on admire le corps médical, dont la justesse de ton et l’absence de jugement révèlent l’engagement.

Les dessins de Frédéric Poincelet renforcent encore le propos. Tout l’album est comme une succession de portraits, de postures. On pense bien sûr aux carnets de croquis, comme pris sur le vif. Mais surtout, on s’aperçoit que chacun est seul, renfermé sur lui-même, sur son manque et ses sentiments. Même lors des groupes de paroles, son dessin suggère que le groupe n’est qu’un agrégat.

Vincent Bernière et Frédéric Poincelet livrent un album magnifique, dur certes, mais parce que réaliste. Un instantané de vies, sans sensiblerie, qui offre un plaidoyer pour ces médecins chez qui on serait bien en peine de distinguer le professionnalisme de l’engagement.






Scénario : Vincent Bernière - Dessins : Frédéric Poincelet - Editeur : Dupuis 
Collection Aire Libre - Récit complet.  





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