Je suis le gardien de mon frère - Makyo / Wei

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Habitué des séries de renom (notamment Jérôme K. Jérôme Bloche qu’il crée avec Dodier et Balade au bout du monde), Pierre Makyo publie chez Glénat un one-shot très noir : Je suis le gardien de mon frère. Variation désenchantée sur fond de rivalité fraternelle, sorte de prédestination inexorable.

Tout démarre dans une famille à la dérive. Niko et Ivan, les deux frères, subissent les affres de la violence du père et des non-dits familiaux. C’est principalement Ivan, le plus jeune, qui ramasse ; quand ce n’est pas la mère. C’est de cet état de fait qu’Ivan tient sa noirceur, ses silences. Jusqu’au jour où pour défendre sa mère des coups qui pleuvent il abat froidement son père.

Enterré dans le jardin, le cadavre du père n’arrangera pas les choses. Leur tante Véra tentera bien de leur inculquer la nécessité de l’expression, au travers de ces carnets noirs où les deux frères doivent écrire leurs pensées sombres. Mais malgré les coups de mieux, l’incompréhension entre eux ne cesse de ressurgir.

La référence biblique ne laisse que peu de doute sur l’issue de ce récit. « Suis-je le gardien de mon frère ? » bravait Caïn après avoir assassiné son frère. Makyo ne cherche pas ici à réécrire le mythe de la Genèse, mais le fait de s’y référer place l’histoire de Niko et Ivan dans une forme de fatalité indéniable.

Le récit, d’une dureté assez implacable, est habilement rythmé, entre secret de famille, voix off et rebondissements. Liu Wei, qui officie au dessin, joue surtout sur les ombres et les postures. Avec des décors minimalistes et une palette de couleurs réduite, il augmente le sentiment de malaise né dès les premières pages. Dommage qu’à mon sens la couverture joue trop sur le symbolisme, chose pourtant bien évitée par le scénario et sa mise en images.

Pierre Makyo et Liu Wei livrent un album très noir, où tout semble joué d’avance. Cette rivalité entre deux frères, héritée des parents, ne pourra trouver qu’une issue fatale. Tout n’y est qu’ombres, silences, vaines paroles. Les rares instants d’espoir sombrent vite. Un récit poignant.



Scénario : Makyo - Dessins : Liu Wei - Editeur : Glénat - Récit complet.  




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