Cross Fire : investigations et archéologie

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La Rochelle, 13 octobre 1307 : les templiers acculés par les troupes du roi Philippe le Bel et du Pape Clément V jouent leurs dernières cartes en embarquant leurs plus précieuses reliques sur leur flotte maritime. Les dernières troupes retarderons suffisamment l’armée de l’inquisition pour permettre à leur pairs de fuir par la mer et sauver leur trésor. 

Lorsque le grand inquisiteur finira par enfoncer les portes des remparts, il ne trouvera que des hommes en reddition : c’en est fini de l’ordre mais pas de son mythique trésor.

Au premier abord, Cross Fire se présente comme une classique histoire de “chasse au trésor des templiers”. Ainsi commence-t-on par suivre les recherches contemporaines et mouvementés de l'enquêtrice Sofia d’Agostino, qui travaille au sein du Cabinet Noir. Ce service très secret du Vatican a pour tache d'enquêter sur toute forme de relique susceptible de contredire ou déstabiliser le principes fondamentaux de l’église catholique.

Lors d’une opération, Sophia et son collègue sont confronté à de véritables mercenaires lourdement armés. Elle sera la seule à sortir vivante de l’affrontement. Le Cardinal Marchesi, responsable du Cabinet, décide alors de s’adjoindre les services d’un professionnel, externe au Vatican et ses gardes suisses : Angelo Costanza, porte flingue de la mafia sicilienne. S’il est très bon dans ce qu’il fait, Angelo est aussi un indécrottable séducteur et son bagou apportera la note d’humour de la série. On commence à entrevoir les subtilités d’un scénario pas si classique que ça lorsque le chef des mercenaires entre en scène...Ainsi que, en fin de tome 2, une troisième faction. Et à chaque fois ça vaut son pesant d'interrogation.

Le style graphique de Cross Fire est identifiable au premier coup d’oeil, à la croisée des styles franco-belge, comics et manga. Il est d'ailleurs impossible de vraiment ranger les dessins de Pierre-Mony Chan dans l’une de ces cases car les trois influences sont intimement liées. Si le coté coloré et “cartoon” ressort le plus, ils n’occultent pas les détails des décors et expressions pour peu qu’on s’attarde sur les cases. Quand au dynamisme des planches lors des fusillades ou des combats, il est tel qu’ont se surprend à adapter sa vitesse de lecture en fonction. Il m’est souvent arrivé de revenir en arrière pour regarder de plus près les dessins, ma façon de revoir la scène au ralenti en quelque sorte.

Le scénario de Jean-Luc Sala n’est pas en reste : complexe et plein de de rebondissements. La routinière recherche de reliques du Cabinet Noir se transformera rapidement en quête du graal avec tout ce que cela implique d’énigmes à résoudre.  Une multitude de petits indices sont disséminés au gré des différents tomes et certains sont révélés lors de flashbacks ou dans une conversation anodine. L’envie de rouvrir les numéros précédents pour faire une relecture à l’aune de ces nouvelles informations n’est alors pas déplaisante. Le ton général reste léger grâce au parti pris d’un humour omniprésent qui fait penser à une autre série mêlant investigations et archéologie : Danger Girl (qui, lui, est un pur comic).

Cross Fire est une série originale et vraiment agréable à lire. Pleine d’humour et d’action, elle rassemble de nombreux protagonistes qui ont tous des interactions à divers degrés. Une BD dynamique donc avec des cliffhangers en fin de tomes qui vous inciteront à lire les 6 tomes déjà parus d’une traite.



Scénario : Jean-Luc Sala - Dessins : Pierre-Mony Chan 
Editeur : Soleil Productions - Collection : Soleil levant - Série en cours - 6 tomes. 



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2 commentaires:

  1. Meme si l'histoire se tient et reste agréable à lire dans l'ensemble, on respire enfin quand Angelo n'est pas là. Sofia tout comme Angelo sont archi prévisibles et caricaturaux. (J'ai fini le tome 4, 5-6 pas lus)

    Les deux premiers tomes sont moyens, les 3-4 sont meilleurs.

    Certains passages mériteraient d'être plus développés ou ralentis (Ex: des retrouvailles inespérées éjectées en une case?!)

    Bref, pas mal mais pas ouf.

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  2. Certes, Angelo est lourd mais c'est tout l’intérêt du personnage. Et je n'ai pas rit uniquement "in petto" en lisant la série. En fait je réalise grâce à cette remarque que Sofia et surtout Angelo me font penser à Laura Marconi et Nicky Larson (pour les francophones).

    Je pense que la série se veux résolument dynamique, ce qui explique la frustration que tu as pu ressentir par moments. Mais pour reprendre ton exemple, des retrouvailles plus conventionnelles auraient, à mon sens, cassées aussi bien le rythme que l'humour potache d'Angelo et consorts.

    Et tout cas, bonne lecture des tomes 5 et 6. Ça s'accélère encore, d'autres révélations sont au chapitre, un nouveau comique entre en scène (l'affable Pin’ o Kyu)...et le cliffhanger du 6 me fera lire le 7 sans hésiter.

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