Aya de Yopougon - Abouet / Oubrerie

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La Côte d’Ivoire a connu de sombres heures ces dernières années, avec la chute longtemps repoussée de Laurent Gbagbo. De France, on n’en a pas forcément compris grand-chose, perdus entre les analystes, le rôle de la France et de l’ONU, sans savoir si Ouattara était bien l’homme providentiel que l’on présentait. 

Heureusement, au même moment des bédéphiles se plongeaient dans la lecture d’Aya de Yopougon dont le 6e et dernier volume venait de sortir, et repartaient trente ans en arrière, à la rencontre de la population de Yopougon, quartier mythique d’Abidjan : une bouffée d’air frais. A l’occasion de la sortie du long-métrage, Gallimard réédite dans une édition spéciale les deux premiers tomes.

Nous sommes donc à la fin des années 70, à Abidjan dans le quartier de Yopougon, « Yop City » pour les intimes. Félix Houphouët-Boigny est toujours Président et la prospérité du pays commence à battre de l’aile. On suit Aya, jeune femme sage et motivée par ses études (elle veut être médecin), et à travers son histoire celle de tous ses proches : Adjoua et Bintou, ses amies ambianceuses, le reste de la famille avec Ignace, le père aux mœurs légères, Fanta, Fofana, Akissi et une pléthore d’autres.

Marguerite Abouet et Clément Oubrerie auront composé au fil des six albums parus un magnifique soap à l’africaine, où les histoires de cœur alternent avec les soucis du quotidien et les intrigues familiales. Tous les personnages croisés au fil de l’histoire prennent petit à petit de l’épaisseur et participent à faire vivre l’ensemble.

La vie, c’est ce qu’on retient surtout d’Aya de Yopougon : un souffle vital qui irrigue, une énergie débordante. Il y a bien sûr ce langage si particulier, ces expressions et cette grammaire qui ont suivi leur propre voie, dont on se délecte et que l’on aimerait tant entendre (déjà une bonne raison d’aller voir le long-métrage !). Les dessins de Clément Oubrerie sont tout simplement parfaits, mettant la couleur au premier plan sans jamais sembler caricatural.

La sortie du long-métrage est une occasion en or de découvrir Aya de Yopougon, le soap de Yop City. C’est plein de peps, de nostalgie, de maquis et d’humour. L’édition imaginée par Gallimard pour l’occasion vaut vraiment le détour : un grand format souple (la série était publiée dans la collection Bayou) et la belle affiche du film comme couverture.

 




Scénario : Marguerite Abouet - Dessins : Clément Oubrerie - Editeur : Gallimard.



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